vendredi 1 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2400355 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 février 2024, M. C A B, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de l'arrêté du 26 février 2024 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'une année.
Il soutient que :
- il est urgent de faire échec à son éloignement ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire sans délai est dénuée de base légale ;
- l'arrêté en litige est entaché d'un vice de procédure dès lors que le procès-verbal de son contrôle d'identité n'est ni joint ni mentionné dans les visas de l'arrêté contesté ;
- le défaut de délégation de signature ainsi que l'absence de mention de l'identité et de la qualité du fonctionnaire de police entachent la fiche de notification de la décision litigieuse d'un vice de forme ;
- l'arrêté attaqué porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au recours effectif protégé par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à son droit à un procès équitable protégé par l'article 6 de la même convention ;
- la décision en litige porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision du président du tribunal désignant M. Monlaü, premier conseiller, en qualité de juge des référés.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A B, né le 24 avril 2002 aux Comores, demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de Mayotte du 26 février 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 761-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir à Mayotte : () 2° Si l'étranger a saisi le tribunal administratif d'une demande sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, avant que le juge des référés ait informé les parties de la tenue ou non d'une audience publique en application du deuxième alinéa de l'article L. 522-1 du même code, ni, si les parties ont été informées d'une telle audience, avant que le juge ait statué sur la demande. "
4. Il ressort des mentions du registre du centre de rétention administrative que M. C A B arrivé au centre de rétention le 26 février 2024 à 22h00, l'a quitté, pour être éloigné vers les Comores, le 27 février 2024 à 09h15 (heure locale). La présente requête a été enregistrée au greffe du tribunal le 28 février 2024 à 17h59 (heure locale). Par suite, le juge des référés ayant été saisi postérieurement à l'exécution de la mesure, les conclusions à fin de suspension de cette décision sont dépourvues d'objet et par suite irrecevables. Il y a lieu, par suite, de rejeter sa requête, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.
Copie en sera adressée au préfet de Mayotte et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Mamoudzou, le 1er mars 2024.
Le juge des référés,
X. MONLAÜ
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2400355