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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400412

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400412

dimanche 10 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400412
TypeOrdonnance
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 mars 2024, Mme A B née le 6 juillet 2003 représentée par Me Ousseni, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2023 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte d'organiser le retour de l'intéressée, la mesure d'éloignement ayant été mise à exécution et de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-la condition d'urgence est remplie ;

-la mesure d'éloignement porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;

-elle porte atteinte au droit à un procès équitable ;

-elle porte atteinte à sa liberté d'aller et venir.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné Mme Tomi, première conseillère, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante comorienne demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire du 19 septembre 2023, mis à exécution.

Sur les conclusions fondées sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L.522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1. ".

3. Mme B soutient avoir fait l'objet d'un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français le 19 septembre 2023 qui aurait été mis à exécution, sans autre précision des circonstances. Toutefois d'une part, il est établi que l'exécution de la mesure d'éloignement est antérieure à la saisine du juge des référés, d'autre part, il n'entre pas dans les compétences de ce dernier saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'ordonner l'annulation de la décision que demande l'intéressée. Dans ces conditions la requête de Mme B qui ne présente pas de caractère d'urgence est manifestement irrecevable au sens des dispositions de l'article précité.

4. Il résulte de ce précède que les conclusions de la requête de Mme B doivent être rejetées dans leur intégralité sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B.

Copie au préfet de Mayotte pour information et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Mamoudzou, le 10 mars 2024.

Le juge des référés,

N. TOMI

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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