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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400416

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400416

dimanche 10 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400416
TypeOrdonnance
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mars 2024, Mme D C née le 7 avril 2005 doit être regardée comme demandant au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'arrêté n° 3726 du 8 mars 2024 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer un titre temporaire de séjour dans le délai de trois mois, et dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de désigner un avocat à ce titre pour assurer sa défense ;

4°) le cas échéant, d'enjoindre au préfet d'organiser son retour.

Elle soutient que :

-la condition d'urgence est remplie ;

-la mesure d'éloignement porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné Mme Tomi, première conseillère, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D C, ressortissante comorienne demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire du 8 mars 2024.

Sur les conclusions fondées sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L.522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1. ".

3. Mme C interpellée le 8 mars 2024 a été placée au centre de rétention administrative à la suite de l'arrêté du même jour portant obligation de quitter le territoire français. Dès lors elle justifie d'une situation d'urgence.

4. Aux termes de l'article 8 de la convention la convention européenne des droits de l'homme : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui.

5. Mme C soutient résider à Mayotte depuis sa naissance, y avoir suivi toute sa scolarité et y avoir ses attaches familiales. Toutefois les pièces qu'elle produit se résument en des certificats de scolarité dont le caractère probant est insuffisant dans la mesure où ils ne sont assortis d'aucun bulletin scolaire, qu'ils ne couvrent pas les périodes 2016-2017 et 2019-2020, et ne permettent donc pas d'attester la continuité de son séjour sur le territoire. Par ailleurs, si elle se prévaut d'attaches familiales, en indiquant que sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen adéquat, elle ne produit aucun justificatif permettant d'apprécier l'existence de relations suivies avec les membres de sa famille au sujet desquels elle n'apporte d'ailleurs aucune précision. Elle ne justifie pas d'avantage des démarches qu'elle aurait entreprises selon elle, pour régulariser sa situation. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué a porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect à la vie privée et familiale.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme C doivent être rejetées dans leur intégralité sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Il appartiendra au préfet de Mayotte de prendre les dispositions nécessaires à la prise en charge de l'enfant mineur B A qui était sous la garde de la requérante au moment de son interpellation, dont elle signale qu'il est son demi-frère sur lequel elle n'exerce pas d'autorité parentale.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme D C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D et au préfet de Mayotte.

Copie au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Mamoudzou, le 10 mars 2024.

Le juge des référés,

N. TOMI

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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