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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400532

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400532

lundi 25 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400532
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mars 2024, Mme A, représentée par Me Nizari, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'arrêté du 23 mars 2024 du préfet de Mayotte ;

2°) d'annuler la décision du 23 mars 2024 par laquelle le préfet de Mayotte a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) de suspendre la décision du 23 mars 2024 par laquelle le préfet de Mayotte a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français ;

4°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer un titre provisoire ;

5 °) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.

Elle soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence, d'un défaut de motivation, d'un défaut d'examen, d'une erreur manifeste d'appréciation, et d'une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision refusant d'octroyer un délai de départ volontaire est entachée d'incompétence, d'un défaut de motivation, d'une erreur de droit en raison du défaut d'examen, d'un défaut d'instruction contradictoire, et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'incompétence et d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant refus de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne respecte pas le principe du contradictoire, le droit à un recours effectif et toutes les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Baizet, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. En premier lieu, il n'entre pas dans les pouvoirs du juge du référé liberté de prononcer l'annulation d'une décision administrative. Les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, dont l'existence n'est d'ailleurs pas établie, sont donc manifestement irrecevables.

3. En deuxième lieu, il résulte de l'article L. 521-2 du code de justice administrative précité que seules des atteintes à une liberté fondamentale peuvent être utilement invoquées devant le juge des référés statuant sur le fondement de ces dispositions. Par suite, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire et tenant à l'incompétence, au défaut de motivation, au défaut d'examen et à l'erreur manifeste d'appréciation, dirigés contre la décision refusant d'octroyer un délai de départ et tenant à l'incompétence, au défaut de motivation, à l'erreur de droit en raison du défaut d'examen, au défaut d'instruction contradictoire et à l'erreur manifeste d'appréciation, dirigés contre la décision fixant le pays de renvoi et tenant à l'incompétence, et enfin dirigés contre la décision portant refus de séjour et tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à la méconnaissance du principe du contradictoire, et à la méconnaissance de " toutes les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ", sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.

4. En troisième lieu, Mme A, ressortissante malgache née le 23 octobre 1998, soutient que l'arrêté en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale et doit ainsi être regardée, pour une bonne administration de la justice et nonobstant la circonstance qu'elle est représentée par un conseil, comme se prévalant d'une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, l'intéressée, qui indique être entrée à Mayotte en 2021, ne justifie nullement, par les quelques pièces produites, avoir constitué à Mayotte le centre de sa vie privée et familiale, ne justifie pas des liens allégués avec sa mère ou d'autres membres de sa famille qui seraient présents sur le territoire, et ne justifie pas, enfin, de son intégration. Dans ces conditions, la requérante est manifestement infondée à soutenir que l'arrêté en litige porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

5. En quatrième lieu, si Mme A doit être regardée comme se prévalant d'une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à un recours effectif, elle n'apporte aucune précision de nature à établir la réalité de cette atteinte.

6. Il y a lieu, par suite, de rejeter sa requête en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet de Mayotte.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur en application de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.

Fait à Mamoudzou, le 25 mars 2024.

La juge des référés,

E. BAIZET

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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