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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400595

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400595

lundi 8 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400595
TypeOrdonnance
Avocat requérantDEDRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 avril 2024, M. A B, représenté par Me Dedry, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n°2024-9765043141 du 1er mars 2024 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisation à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'il est exposé à un éloignement imminent vers son pays d'origine ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué dès lors qu'il a été pris par une autorité incompétente ;

- il méconnaît le droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision portant refus d'admission au séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale compte tenu de l'illégalité de la décision par laquelle le préfet de Mayotte a refusé de l'admettre au séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois.

Vu :

- la requête enregistrée le 2 avril 2024 sous le n°2400594 par laquelle le requérant demande l'annulation de l'arrêté N°2024-9765043141 du 1er mars 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision, prise en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné Mme Khater, vice-présidente, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Si M. A B, ressortissant comorien, né le 18 juillet 1996, se prévaut de sa présence ancienne à Mayotte, les pièces du dossier et notamment son récépissé de demande de carte de séjour, délivré le 19 mars 2024, il ne fait état de son arrivée sur le territoire, qu'à l'âge de 19 ans en 2015 et ne justifie en tout état de cause pas de sa présence continue depuis lors. Il ne justifie pas plus de son insertion personnelle et professionnelle au sein de la société française et en se prévalant de la présence de sa mère, titulaire d'une carte de séjour temporaire, et de ses demi-sœurs de nationalité française, il ne démontre pas l'intensité des liens les unissant et n'établit pas avoir transféré le centre de sa vie privée et familiale à Mayotte. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont autorisation provisoire de séjour de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, pas plus que les autres moyens soulevés.

3. Il résulte de ce qu'il précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, que la requête de M. A B doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur en application de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.

Fait à Mamoudzou, le 8 avril 2024.

La juge des référés,

A. KHATER

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2400595

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