mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2400623 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 avril 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2023 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai d'un mois.
Elle soutient que :
- depuis 2015 elle vit de manière continue à Mayotte, où elle a une vie sociale stable ;
- les services préfectoraux n'ont pas tenu compte de certains documents qu'elle avait souhaité joindre à l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne des droits de l'homme ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ramin, premier conseiller, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante comorienne née le 28 août 1992, est entrée à Mayotte en 2015, selon ses déclarations. Titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'au 4 novembre 2021, elle a présenté une demande de renouvellement dont le dernier récépissé lui a été délivré le 13 septembre 2023. Par arrêté du 9 octobre 2023, le préfet de Mayotte a refusé son admission au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois. Mme A, qui ne précise pas le fondement de sa requête, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () ".
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 de ce code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. Si elle mentionne le caractère " urgent " de son recours et demande à être convoquée à l'audience pour qu'il y soit statué, Mme A ne peut être regardée comme ayant entendu saisir le juge des référés statuant en urgence, lequel, au demeurant, se prononce par des mesures qui présentent un caractère provisoire et ne peut donc être saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision.
5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 9 octobre 2023 dont Mme A demande l'annulation, lequel comporte la mention des délais et voies de recours, a été notifié à l'intéressée le 11 octobre 2023. La requête de Mme A, qui n'a pas été précédée d'un recours gracieux ou hiérarchique, a été enregistrée au greffe du tribunal le 8 avril 2024, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévus par les dispositions citées au point 3. Elle est, dès lors, tardive et donc manifestement irrecevable. Par suite, la requête doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et au préfet de Mayotte.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en application de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.
Fait à Mamoudzou, le 10 avril 2024.
Le magistrat désigné,
V. RAMIN
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.