lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2400625 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PIERSON |
Vu les procédures suivantes :
Par deux requêtes, enregistrées le 5 avril 2024 sous le n° 2400625 et le 22 avril 2024 sous le n° 2400712, M. B A, représenté par Me Pierson, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner à la caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) et à la caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM) de prendre toutes les mesures utiles de nature à assurer l'effectivité de la prise en charge de l'examen bucco-dentaire et des soins consécutifs, conformément aux dispositions de l'article L. 2132-2-1 du code de la santé publique et L. 162-1-12 du code de la sécurité sociale ;
2°) de mettre à la charge de la CNAM et de la CSSM une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, compte tenu de la nécessité d'assurer un égal accès à la prévention et aux soins à la population mahoraise, au sein de laquelle le taux de renoncement aux soins est particulièrement important et dont plus de la moitié de la population est concernée par le dispositif en litige, alors qu'une augmentation du tarif des soins est intervenue en février 2024 ;
- quand bien même Mayotte n'est pas exclue du dispositif " M'T Dents " régi par les articles L. 2132-2-1 du code de la santé publique et L. 162-1-12 du code de la sécurité sociale, les assurés concernés se voient opposer des refus de prise en charge du bilan bucco-dentaire.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Khater, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la requête n° 2400712 :
1. La requête enregistrée sous le n° 2400712 constitue en réalité le double de la requête enregistrée sous le n° 2400625 sur laquelle il est statué par la présente décision. Cette requête doit donc être rayée du registre du greffe du tribunal.
Sur la requête n° 2400625 :
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". En vertu de l'article L. 521-1 du même code, ce juge peut ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative, même de rejet, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision. L'article L. 521-2 prévoit que ce juge peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Aux termes de son article L. 521-3 : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Eu égard à son objet et aux pouvoirs que le juge des référés tient des articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, une demande tendant à ce qu'il soit ordonné à l'autorité compétente de prendre des mesures réglementaires, y compris d'organisation des services placés sous son autorité, n'est pas au nombre de celles qui peuvent être présentées au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3.
4. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit ordonné à la CNAM et à la CSSM de prendre toutes mesures utiles permettant de garantir l'application effective, sur le territoire mahorais, des dispositions des articles L. 2132-2-1 du code de la santé publique et L. 162-1-12 du code de la sécurité sociale instituant la prise en charge des examens bucco-dentaires de prévention obligatoires et des soins consécutifs par le régime obligatoire de l'assurance maladie, sans avance des frais par les bénéficiaires. Ces mesures, qui revêtent le caractère de mesures réglementaires, ne sont pas, ainsi qu'il vient d'être dit, de celles qu'il appartient au juge des référés de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'ordonner. Il s'ensuit que les conclusions de la requête tendant à ce que ces mesures soient ordonnées peuvent, dès lors qu'elles sont manifestement irrecevables, être rejetées sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête enregistrée sous le n° 2400712 est rayée du registre du greffe du tribunal.
Article 2 : La requête enregistrée sous le n° 2400625 est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera transmise pour information à la caisse nationale d'assurance maladie et à la caisse de sécurité sociale de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 29 avril 2024.
La juge des référés,
A. KHATER
La République mande et ordonne à la ministre de la santé en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2400625, 240071