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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400711

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400711

mardi 23 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400711
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantGHAEM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 avril 2024, Mme C B A, représentée par Me Ghaem, avocate, doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre les effets de la décision par laquelle le préfet de Mayotte a refusé de renouveler son titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer un récépissé portant enregistrement de la demande de renouvellement de son titre de séjour dans un délai de 24 heures, sous astreintes de 500 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est privée d'un document permettant d'établir la régularité de sa situation ;

- les décisions par lesquelles le préfet a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour et a refusé de renouveler son titre de séjour portent une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au travail et à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 22 avril 2024, le président du tribunal a désigné M. Biget, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Mme B A, ressortissante comorienne née le 20 décembre 1980, doit être regardée comme demandant à titre principal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre les effets de la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour et d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour.

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

4. La seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention du juge des référés dans les 48 heures prévues par les dispositions de l'article L. 521-2. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans les plus brefs délais et qui, à ce titre, est appréciée strictement.

5. Pour justifier l'urgence à ce que le juge des référés intervienne sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, Mme B A soutient que, après que son titre de séjour a expiré le 27 septembre 2023, elle a été reçue en préfecture le 22 mars 2024 sans qu'aucun titre provisoire l'autorisant à séjourner sur le territoire français lui soit remis et qu'ayant fait l'objet le 22 avril 2024 d'un contrôle d'identité " musclé ", elle a peur de se déplacer alors qu'elle vend des fruits et légumes au marché de Tsararano pour subvenir à ses besoins et collabore à l'activité commerciale de son époux qui s'expose à un risque de contrôle et de sanctions. Ce faisant, par ces seules considérations, la requérante ne justifie pas de circonstances particulières permettant de caractériser une situation d'extrême urgence rendant nécessaire l'intervention spécifique du juge du référé liberté pour qu'il se prononce à très bref délai sur la nécessité d'ordonner une mesure provisoire et de sauvegarde.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B A n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B A et au préfet de Mayotte.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur en application de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.

Fait à Mamoudzou, le 23 avril 2024.

Le juge des référés,

O. BIGET

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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