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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400789

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400789

vendredi 24 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400789
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantMENARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mai 2024, M. A B A, représenté par Me Hesler, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 62/2024 du 1er mars 2024 par lequel le maire de Pamandzi l'a radié des effectifs de la commune à compter du 1er mai 2024 ;

2°) d'enjoindre au maire de Pamandzi de le réintégrer, de procéder à sa reconstitution de carrière et de lui verser la rémunération due sur la période irrégulièrement interrompue ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Pamandzi une somme de 3 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée, la mesure de radiation ayant pour effet de le priver de toute rémunération, ce qui le place dans une situation financière difficile ;

- les moyens tirés du manquement à l'obligation de loyauté de l'administration, de la méconnaissance de l'article L. 511-1 du code général de la fonction publique et de ce que la décision constitue une sanction disciplinaire déguisée sont propres, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 mai 2024, le maire de Pamandzi, représenté par Me Ménard, conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il soutient que par arrêté du 17 mai 2024, l'arrêté en litige a été retiré.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 6 mai 2024 sous le n° 2400788, tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2024 radiant M. A des effectifs de la commune de Pamandzi.

Vu :

- la code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ramin, premier conseiller, en qualité de juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique, qui a eu lieu le 23 mai 2024 à 14h30, dans les conditions prévues aux articles L. 781-1 et R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, le juge des référés siégeant au tribunal administratif de La Réunion, assisté de Mme Ahamada, greffière d'audience présente au tribunal administratif de Mayotte.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- le rapport de M. Ramin, juge des référés ;

- les observations de Me Hesler, représentant M. A, qui prend acte de ce que le maire de Pamandzi a retiré l'arrêté en litige et maintient ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ". Aux termes de l'article R. 222-1 du même code : " Les () les présidents de formation de jugement des tribunaux () et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements () ".

2. M. A B A, ancien militaire de carrière, a été recruté par la commune de Pamandzi à compter du 20 septembre 2020, en qualité de chef de service de police municipale et titularisé dans ce grade à compter du 20 mars 2021. Par courrier du 16 mai 2023, il a demandé sa mutation auprès de la commune de Koungou, en vue d'y exercer les mêmes fonctions à compter du 20 octobre 2023. Alors que cette demande n'avait pas abouti, M. A, après un entretien préalable qui s'est tenu le 16 avril 2024, a été radié des effectifs de la commune de Pamandzi à compter du 1er mai 2024, par arrêté n° 62/2024 du 1er mars 2024. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté et d'enjoindre au maire de Pamandzi de le réintégrer, de procéder à sa reconstitution de carrière et de lui verser la rémunération due sur la période irrégulièrement interrompue.

3. Par arrêté n° 107/2024 du 17 mai 2024 postérieur à l'introduction de la requête, qui a été communiqué au requérant, le maire de Pamandzi a retiré l'arrêté du 1er mars 2024 qui portait radiation des effectifs de M. A. Le requérant, à l'audience, a pris acte de ce retrait et déclaré maintenir ses conclusions accessoires présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il doit, par suite, être regardé comme s'étant désisté purement et simplement de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement d'instance.

Sur les frais liés au litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Pamandzi une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de M. A.

Article 2 : La commune de Pamandzi versera une somme de 1 200 euros à M. A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A B A et à la commune de Pamandzi.

Fait à Mamoudzou, le 24 mai 2024.

Le juge des référés,

V. RAMIN

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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