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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2400880

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2400880

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2400880
TypeOrdonnance
Avocat requérantKALED

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 mai 2024, Mme D B, alias C A, représentée par Me Kaled, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 8771 du 16 mai 2024 du préfet de Mayotte en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français sans délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence caractérisée est remplie dès lors qu'elle risque d'être éloignée du territoire malgré sa demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant en situation régulière ;

- l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une ordonnance du 19 avril 2024, le vice-président du Conseil d'Etat a délégué M. Delesalle, vice-président de section au tribunal administratif de Paris, aux tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delesalle, vice-président de section au tribunal administratif de Paris, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 mai 2024 à 14 heures 30 ;

- le rapport de M. Delesalle, juge des référés,

- les observations de Mme B alias C A, qui a été dans l'incapacité de s'exprimer en français.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante comorienne née le 25 juillet 1995 aux Comores, alias Mme C A, ressortissante comorienne née le 6 août 1994 aux Comores, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 8771 du 16 mai 2024 du préfet de Mayotte en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français sans délai.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

4. Il résulte de l'instruction que Mme B, alias C A, qui allègue résider à Mayotte depuis 2010, est la mère de quatre enfants nés en 2018, en 2019, en 2021 et en 2022 à Mamoudzou de deux pères différents nés aux Comores, dont elle assure l'entretien et l'éducation et dont les deux premiers sont scolarisés. Toutefois, elle n'apporte aucun élément de nature à établir sa durée de présence, elle ne fait état d'aucun élément de nature à faire obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue aux Comores, trois de ses enfants étant de manière certaine de nationalité comorienne sans qu'elle n'établisse ni même n'allègue que l'autre serait de nationalité française ou d'une autre nationalité, et elle ne justifie au surplus d'aucune insertion sociale ou professionnelle. Dans ces conditions, et à supposer même qu'elle ait déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont elle ne peut utilement invoquer la méconnaissance, le préfet de Mayotte, en l'obligeant à quitter le territoire français, n'a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie familiale.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il y ait lieu d'examiner la condition tenant à l'urgence, que les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par Mme B alias C A sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B alias C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B alias C A, et au préfet de Mayotte.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer en application de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.

Fait à Mamoudzou, le 17 mai 2024.

Le juge des référés,

H. Delesalle

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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