vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2400919 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 mai 2024, M. B A, représenté par Me Bourien, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 16 février 2024 par lequel le préfet de Mayotte a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois à destination de Madagascar ;
2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler dans l'attente du jugement au fond sur sa requête ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est exposé à un éloignement imminent vers son pays d'origine alors qu'il souhaite poursuivre ses études sur le territoire français ;
- l'arrêté porte atteinte à son droit d'être entendu protégé par l'article 41 de la chartre des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sont, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision portant refus de séjour ;
- la mesure d'éloignement est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette décision dès lors qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'elle méconnaît son droit au respect à sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité des mesures portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Vu :
- la requête enregistrée le 22 mai 2024 sous le numéro n°2400917 par laquelle le requérant demande l'annulation de l'arrêté du 16 février 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ".
3. M. B A, ressortissant malgache né le 1er janvier 2006, fait valoir qu'il réside à Mayotte depuis 2021 au côté de sa mère et qu'il souhaite poursuivre ses études sur le territoire français notamment en se présentant aux épreuves du baccalauréat général pour la session de juin 2024. Si le requérant justifie de son inscription dans un lycée mahorais depuis l'année scolaire 2021-2022, au sein duquel il fait preuve d'un parcours scolaire exemplaire, son ancienneté de résidence sur le territoire français est, au demeurant, récente. Par ailleurs, en se bornant à produire les documents d'identité de son demi-frère, ressortissant français, et de sa mère, en situation régulière, M. A ne justifie pas de l'intensité de ses liens personnels et familiaux à Mayotte. Il ressort notamment de l'attestation de prise en charge financière, signée par sa mère, que cette dernière s'engage à lui verser une somme de 200 euros jusqu'à la fin du trimestre. Dans ces conditions, aucun des moyens de la requête n'est, en l'état de l'instruction, susceptible de créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué, de sorte que sa demande apparaît manifestement mal fondée.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition de l'urgence, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera transmise au préfet de Mayotte et au ministre de l'intérieur et des outre-mer en application de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.
Fait à Mamoudzou, le 24 mai 2024.
Le juge des référés,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.