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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2401171

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2401171

mardi 20 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2401171
TypeOrdonnance
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé, était saisi par M. A C sur le fondement de l'article R. 521-4 du code de justice administrative pour obtenir l'exécution d'une ordonnance du 29 janvier 2024 enjoignant au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le préfet ayant finalement délivré ce titre le 22 juillet 2024, le requérant s'est désisté de ses conclusions injonctives. Le juge a donné acte de ce désistement, mais a condamné l'État à verser 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en raison du retard de près de six mois dans l'exécution de l'ordonnance et du défaut de réponse du préfet à la demande de justification du tribunal.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, M. A C, représentée par Me Bélliard, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement des dispositions de l'article R. 521-4 du code de justice administrative, que l'article 1er de l'ordonnance n° 2400191 du 29 janvier 2024 soit modifié de la manière suivante : " Il est enjoint au préfet de Mayotte de prendre toutes les mesures, avec le concours des autorités consulaires françaises aux Comores, de nature à permettre le retour à Mayotte de Monsieur A C dans les meilleurs délais, aux frais de l'Etat, et de lui délivrer, à son retour à Mayotte, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour, dans l'attente du réexamen de sa situation " ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 600 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient qu'aucune autorisation provisoire de séjour ne lui a été délivré, en dépit des demandes de rendez-vous en préfecture présentées en son nom par son conseil les 28 février 2024, 1er et 19 mars 2024, 22 et 25 avril 2024.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 août 2024, le préfet de Mayotte, représenté par le cabinet Centaure, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête et au rejet des conclusions de la requête présentées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

Il fait valoir qu'il a remis au requérant une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 21 décembre 2024 ;

Vu :

- les pièces du dossier ;

- le courrier du 9 juillet 2024 par lequel le président du tribunal a demandé au préfet de Mayotte de justifier, dans un délai de 15 jours, de la nature et de la date des mesures prises pour l'exécution l'ordonnance n° 2400191 du 29 janvier 2024 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision, prise en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Sauvageot, premier conseiller, en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 20 août 2024 à 11 heures, le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, Mme B étant greffière d'audience au tribunal administratif de Mayotte.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport, et entendu les observations de Me Sunar, substituant Me Bélliard, avocat du requérant, et celles de Me Ben Attia, avocat du préfet de Mayotte. Me Sunar déclare que, suite à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour postérieurement à l'enregistrement de sa requête, le requérant se désiste de ses conclusions injonctives tendant à la délivrance d'un tel document, mais maintient ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Me Ben Attia déclare qu'il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête présentées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative dès lors l'enregistrement de la requête n'est pas le fait générateur de la délivrance de l'autorisation.

Considérant ce qui suit :

1. Par ordonnance n° 2400191 du 29 janvier 2024, le juge des référés a enjoint au préfet de Mayotte de prendre toutes les mesures, avec le concours des autorités consulaires françaises aux Comores, de nature à permettre le retour à Mayotte de Monsieur A C, ressortissant comorien né le 7 juillet 2003, dans les meilleurs délais, aux frais de l'Etat, et de lui délivrer, à son retour à Mayotte, une autorisation provisoire de séjour. Dans le cadre de la présente instance, M. A C soutient qu'aucune autorisation provisoire de séjour ne lui a été remise.

2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ". Ces dispositions peuvent être utilement invoquées pour assurer l'exécution d'une ordonnance rendue sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;

3. Il résulte de l'instruction que, le 22 juillet 2024, le préfet de Mayotte a pris la décision de délivrer à M. M. A C une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 21 décembre 2024. Par ailleurs, à l'audience, Me Sunar déclare que cette autorisation a bien été remise au requérant et que celle-ci entend par conséquent se désister de ses conclusions injonctives initiales tendant à la délivrance d'une telle autorisation. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

4. Il résulte également de l'instruction de la délivrance de cette autorisation est postérieure de près de 6 mois à la notification ordonnance n° 2400191 du 29 janvier 2024 et que le préfet de Mayotte ne précise pas la date à laquelle le requérant est revenu à Mayotte. La délivrance de cette autorisation est également postérieure à la demande d'exécution présentée par requête enregistrée le 26 juin 2024. Enfin, le préfet de Mayotte n'a pas répondu au courrier du 9 juillet 2024 par lequel le président du tribunal lui a demandé de justifier, dans un délai de 15 jours, de la nature et de la date des mesures prises pour l'exécution de l'ordonnance n° 2400191 du 29 janvier 2024 entrainant l'ouverture d'une phase juridictionnelle d'exécution. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 200 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il est donné acte au requérant de son désistement des conclusions injonctives de la requête tendant à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour.

Article 2 : L'Etat versera une somme de 200 euros au requérant au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Monsieur A C et au préfet de Mayotte.

Copie en sera, en outre, transmise au ministre de l'intérieur.

Fait à Mamoudzou, le 20 août 2024.

Le juge des référés,

F. SAUVAGEOT

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2401517

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