lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2401177 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2024, M. E B, doit être regardé comme demandant au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 13 mai 2024 par laquelle le préfet de Mayotte a refusé de délivrer un visa de type C à Mme D A C ;
2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de délivrer le visa demandé à Mme A C.
Il soutient que :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que le délai d'instruction ne lui a pas été notifié ;
- il dispose d'un hébergement et des ressources financières suffisantes pour prendre en charge sa belle-mère, Mme A C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 521-3 du code de justice administrative dispose : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu'elles s'appuient sur l'un ou l'autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête sous peine d'irrecevabilité de la demande. M. B s'est borné lors du dépôt de sa requête à indiquer qu'il saisit le tribunal d'un référé contre une décision de refus de visa sans préciser les dispositions du code de justice administrative sur le fondement desquelles il entend présenter sa demande, notamment dans le corps de sa requête. A cet égard, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé a introduit un recours au fond distinct de sa requête en référé contre cette décision du 13 mai 2024. Il ne se prévaut pas davantage d'une atteinte grave et manifestement illégale à une quelconque liberté fondamentale. Enfin, si l'intéressé pourrait être regardé comme demandant au juge des référés d'ordonner la délivrance d'un visa, cette mesure fait obstacle à la décision du 13 mai 2024.
3. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que les conclusions de la requête de M. E B sont dirigées contre une décision qui ne lui fait pas directement et personnellement grief, de sorte qu'il n'est pas fondé à en demander la suspension pour le compte d'autrui et alors que M. B n'établit ni ne soutient être avocat. Dès lors, les conclusions de l'intéressé sont manifestement irrecevables et doivent, par suite, être rejetées, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. E B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E B.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 8 juillet 2024.
Le juge des référés,
T. SORIN
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.