mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2401210 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | EKEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juillet 2024, M. C B, représenté par Me Ekeu, doit être regardé comme demandant au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du préfet de Mayotte n° 11773/2024 du 30 juin 2024, en tant que cet arrêté l'oblige à quitter le territoire français sans délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
En application des articles L. 221-2-1 et R. 221-6-1 du code de justice administrative, le vice-président du Conseil d'État a délégué M. A aux tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte du 1er au 13 juillet 2024.
Le président du tribunal administratif de Mayotte a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience une requête lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.
2. M. C B, ressortissant comorien né le 21 décembre 2023, est dépourvu de titre de séjour. Si, pour demander la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire contenu dans l'arrêté n° 11773/2024 que le préfet de Mayotte a pris à son encontre le 1er juillet 2024, il fait valoir que l'arrêté a été signé par une autorité incompétente, une telle circonstance n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Par ailleurs, s'il invoque l'absence de " risque de fuite " et de " risque pour la sécurité ", ces circonstances sont sans incidence sur la possibilité pour l'autorité préfectorale de l'obliger à quitter le territoire, puisqu'il ne dispose pas d'un titre de séjour. De même, la circonstance que le requérant serait entré en France avant l'âge de 13 ans est sans incidence sur la possibilité pour le préfet de prononcer une obligation de quitter le territoire, l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'interdisant plus, depuis l'entrée en vigueur de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024, l'éloignement d'un ressortissant étranger qui justifie résider en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans. Enfin, à supposer que le requérant soutienne que l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, il se borne à faire valoir qu'il suit une scolarité en France depuis l'année 2017-2018 et qu'il a " nécessairement noué des profondes relations d'intégration à Mayotte ", ce qui manifestement insuffisant pour établir une telle atteinte.
3. Dans ces conditions, il apparaît manifeste que la demande en référé de M. B est mal fondée. Sa requête doit donc être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au préfet de Mayotte
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en application de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.
Fait à Mamoudzou, le 2 juillet 2024.
Le juge des référés,
B. A
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.