vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2401233 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AARPI BELLIARD RATRIMOARIVONY CHHANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2024, M. C B, représenté par Me Belliard, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du préfet de Mayotte n° 11990/2024 du 4 juillet 2024, en tant que cet arrêté l'oblige à quitter le territoire français sans délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 5 juillet 2024, le préfet de Mayotte fait connaître que l'arrêté attaqué a été retiré et conclut au non-lieu à statuer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
En application des articles L. 221-2-1 et R. 221-6-1 du code de justice administrative, le vice-président du Conseil d'État a délégué M. Henry aux tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte du 1er au 13 juillet 2024.
Le président du tribunal administratif de Mayotte a désigné M. Henry pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties de la date et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 juillet 2024 à 14h00 :
- le rapport de M. Henry, juge des référés ;
- les observations de Me Ratrimoarivony, représentant M. B, qui prend acte du retrait de l'arrêté attaqué et demande au juge des référés d'assortir le non-lieu d'une injonction tendant à ce que le préfet réexamine la situation du requérant et lui délivre, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
- les observations de M. A, représentant le préfet de Mayotte, qui a indiqué que l'obligation de quitter le territoire a été retirée parce que le requérant est susceptible de se voir délivrer un titre de séjour et précisé que, dans pareil cas, les services préfectoraux convoquent l'intéressé à un rendez-vous afin qu'il puisse déposer une demande de titre de séjour.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B est un ressortissant comorien né le 9 juillet 2002. Par un arrêté n° 11990/2024 du 4 juillet 2024, le préfet de Mayotte l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant un an. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions tendant à la suspension de l'obligation de quitter le territoire :
2. Il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 5 juillet 2024, le préfet de Mayotte a retiré l'arrêté n° 11990/2024 du 4 juillet 2024 attaqué. M. B n'est donc plus obligé de quitter le territoire et, par voie de conséquence, ne peut plus faire l'objet d'un éloignement d'office, ne peut plus être maintenu au centre de rétention administrative et ne fait plus l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français. Dans ces conditions, il n'y plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Dès lors qu'il résulte des échanges qui ont eu lieu durant l'audience publique que l'arrêté attaqué a été retiré au motif que M. B est susceptible de se voir délivrer un titre de séjour et que le représentant du préfet a indiqué que l'intéressé va être convoqué par les services préfectoraux afin de pouvoir déposer une demande de titre, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Mayotte de délivrer à M. B, dans un délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'à ce qu'il ait été statué sur son droit au séjour.
Sur les frais liés au litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État une somme de 400 euros au titre des frais exposés par M. B dans le cadre de la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre par le préfet de Mayotte le 4 juillet 2024.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Mayotte de délivrer à M. B, sous huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été statué sur son droit au séjour.
Article 3 : L'État versera une somme de 400 euros à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au préfet de Mayotte.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Mamoudzou, le 5 juillet 2024.
Le juge des référés,
B. HENRY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.