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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2401279

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2401279

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2401279
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantAARPI BELLIARD RATRIMOARIVONY CHHANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 juillet 2024, M. C A, représenté par Me Belliard, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du préfet de Mayotte n° 12407/2024 du 10 juillet 2024, en tant que cet arrêté l'oblige à quitter le territoire français sans délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

En application des articles L. 221-2-1 et R. 221-6-1 du code de justice administrative, le vice-président du Conseil d'État a délégué M. B aux tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte du 1er au 13 juillet 2024.

Le président du tribunal administratif de Mayotte a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience une requête lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée.

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

3. Pour demander la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire que le préfet de Mayotte a pris à son encontre le 10 juillet 2024, M. C A, ressortissant malgache né le 19 décembre 2004, fait valoir que cette décision porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale dans la mesure où il est entré à Mayotte en 2021 pour y rejoindre ses parents et sa fratrie, à la suite du décès de son grand-père qui le prenait jusqu'alors en charge à Madagascar, qu'il a sur le territoire de Mayotte une vie privée et familiale stable et intense puisqu'il vit avec ses parents, qui sont en situation régulière et ont un logement, son père ayant en outre un emploi stable depuis mars 2024, ainsi qu'avec ses frères et sœurs, qui sont tous mineurs et dont l'un est français, qu'il a obtenu son baccalauréat à Mayotte et qu'il souhaite pouvoir poursuivre sa scolarité en métropole, où il a été admis en licence d'ingénierie mécanique. Toutefois, le requérant ne peut soutenir que son éloignement de Mayotte portera une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de vie privée et familiale et, en même temps, faire valoir qu'il souhaite poursuivre sa scolarité en métropole. En outre, il n'est à Mayotte que depuis 2021 et si son grand-père, avec lequel, selon ses déclarations, il vivait à Madagascar, est décédé, il n'en demeure pas moins qu'il a nécessairement encore des attaches personnelles dans ce pays, dans lequel il a vécu la plus grande partie de sa vie. Dans ces conditions, et en dépit de ses forts liens familiaux à Mayotte, les éléments avancés par le requérant sont manifestement insusceptibles d'établir que la mesure d'éloignement qu'il conteste porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

4. Dans ces conditions, il apparaît manifeste que la demande en référé de M. A est mal fondée. Sa requête doit donc être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.

Copie en sera adressée au préfet de Mayotte.

Fait à Mamoudzou, le 11 juillet 2024.

Le juge des référés,

B. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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