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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2401495

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2401495

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2401495
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte a rejeté la requête de M. A, qui contestait le classement sans suite de sa demande d’acquisition de la nationalité française par le préfet de Mayotte pour dossier incomplet. Le tribunal a jugé que ce classement, fondé sur l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de recours, dès lors que M. A n’a pas produit les pièces manquantes dans les délais impartis. La requête a donc été déclarée manifestement irrecevable en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 août 2024, M. A demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le préfet de Mayotte a classé sans suite sa demande d'acquisition de la nationalité française pour incomplétude du dossier.

Par courrier du 30 août 2024, notifié le 3 septembre 2024, M. A a été invité, sur le fondement des articles R. 412-2 et R. 431-4 du code de justice administrative, à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours en produisant un inventaire détaillé des pièces jointes à l'appui de sa requête, et en signant ladite requête.

M. A a produit un inventaire de ses pièces jointes, enregistré le 10 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Bauzerand, vice-président, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a déposé une demande en vue d'acquérir la nationalité française auprès des services de la préfecture de Mayotte. Le préfet de Mayotte a classé sans suite cette demande, après en avoir constaté le caractère incomplet. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables ; / () ".

3. Aux termes de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 : " L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. "

4. Pour procéder au classement sans suite de sa demande présentée en vue d'acquérir la nationalité française, le préfet de Mayotte s'est fondé sur la circonstance, qu'en dépit d'une invitation qui lui a été adressée, l'intéressé n'établissait pas avoir produit l'ensemble des documents requis à la suite de la demande de pièces qui lui avait été adressée le 5 mars 2024. Si dans sa demande présentée devant le tribunal le requérant produit certains documents, il reconnaît lui-même ne pas les avoir transmis à l'administration préfectorale dans les délais requis. Par suite, dès lors que le dossier présenté par M. A n'était pas complet, la lettre de classement sans suite de sa demande d'acquisition de la nationalité française ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans préjudice de la possibilité pour M. A de présenter par le biais d'un dossier complet, une nouvelle demande d'accès à la nationalité française au préfet de Mayotte, sa requête est manifestement irrecevable et doit, en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de Mayotte.

Fait à Mamoudzou, le 2 octobre 2024.

Le vice-président,

Ch. BAUZERAND

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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