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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2401540

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2401540

samedi 17 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2401540
TypeOrdonnance
Avocat requérantKALED

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B, ressortissant comorien, qui demandait la suspension d’un arrêté préfectoral l’obligeant à quitter le territoire français sans délai avec une interdiction de retour d’un an. Le juge a estimé que le requérant n’établissait pas une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, faute de preuves de sa résidence stable et continue à Mayotte. La condition d’urgence n’a pas été examinée, la requête étant manifestement mal fondée. La décision a été rendue sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 août 2024, M A C B représenté par Me Kaled, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n°15190 du 16 août 2024 par lequel le préfet de Mayotte l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et interdit de retourner sur le territoire français pendant un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-la condition d'urgence est remplie ;

-l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de la vie familiale et personnelle protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et de sauvegarde des libertés, dès lors qu'il vit à Mayotte de manière stable et continue où se trouvent les membres de sa famille, en situation régulière ;

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné Mme Tomi, première conseillère, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B ressortissant comorien né le 3 avril 1984 demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de Mayotte du 16 août 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et lui faisant interdiction d'y retourner pendant un an.

Sur les conclusions fondées sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L.522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1. ".

3. Aux termes de l'article 8 de la convention la convention européenne des droits de l'homme : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

4. Si M B soutient qu'il aurait constitué ces centres d'intérêts à Mayotte, où il résiderait de manière stable et continue il n'en fait pas la démonstration en l'absence de production de quelconques documents. Il résulte par ailleurs des mentions portées sur le procès-verbal de saisine qu'il s'est dit sans domicile fixe. Dans ces conditions, il n'établit pas en quoi par l'arrêté litigieux, le préfet de Mayotte aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de la vie privée et familiale.

5. ll résulte de ce qui précède sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition de l'urgence, que la requête de M B doit être rejetée dans toutes ses conclusions en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A soufou B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Mamoudzou, le 17 août 2024.

La juge des référés,

N. TOMI

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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