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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2401617

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2401617

jeudi 29 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2401617
TypeOrdonnance
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, ressortissante comorienne, qui demandait la suspension de l'obligation de quitter le territoire français sans délai prise par le préfet de Mayotte. Le juge a estimé que la requérante, âgée de 20 ans, ne justifiait pas d'une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale (article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme), faute de démontrer une insertion scolaire, professionnelle ou des démarches de régularisation. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, la requête étant manifestement dénuée de fondement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 août 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n°15883/2024 du 27/08/2024 par lequel le préfet de Mayotte l'a obligée à quitter le territoire français sans délai ;

3°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une carte de séjour temporaire, dans un délai de trois mois et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) le cas échéant d'enjoindre au préfet de Mayotte d'organiser son retour si la mesure d'éloignement a été mise à exécution.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée par l'éloignement imminent auquel elle est exposée ;

-la décision a été prise sans examen de sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Tomi, première conseillère en qualité de juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A ressortissante comorienne née le 14 avril 2004 à Mayotte demande à titre principal au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 15883 du 27 août 2024 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Il résulte de l'instruction que si Mme A produit plusieurs documents constitués de certificats de scolarité et pour les années 2021-2022, des bulletins de notes, la mention sur certains de ces documents de l'adresse d'un tiers dont elle ne précise pas le statut au sein de sa famille ne permet pas de corroborer ses dires concernant ses relations avec sa mère pour laquelle elle produit un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour faisant état d'une adresse à Bressuire, en France métropolitaine. En outre, alors qu'elle est âgée de 20 ans à la date de l'arrêté litigieux, elle ne fait la démonstration d'aucune démarche en vue de poursuivre des études, ni d'élément attestant son insertion socio professionnelle, ni de démarches en vue de régulariser sa situation sur le territoire français. Par suite elle n'est pas fondée à soutenir que par l'arrêté litigieux, le préfet de Mayotte a porté une atteint grave et manifestement illégale à son droit à la vie privée et familiale. De sorte que sa requête doit être rejetée, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du même code.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". Toutefois, aux termes de l'article 7 de la même loi : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement ou abusive en raison notamment du nombre des demandes, de leur caractère répétitif ou systématique ".

5. Il résulte de ces dispositions que, la requête de Mme A étant manifestement dénuée de fondement, sa demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : Mme A n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme B A et au préfet de Mayotte.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en application de l'article R. 751-8 du code de justice administrative.

Fait à Mamoudzou, le 29 août 2024.

Le juge des référés,

N.TOMI

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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