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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2401659

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2401659

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2401659
TypeOrdonnance
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B, ressortissant comorien, qui demandait la suspension de la décision implicite du préfet de Mayotte rejetant sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'était pas remplie, les éléments invoqués (présence depuis 2012, liens familiaux) ne démontrant pas une atteinte grave et immédiate à sa situation. La requête a été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 septembre 2024 sous le n° 2401659, M. A C B, représenté par Me Morel, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du préfet de Mayotte du 4 juillet 2024 rejetant implicitement sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête enregistrée le 3 septembre 2024 sous le n° 2401658 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision susmentionnée.

Vu la décision du président du tribunal désignant M. Aebischer, vice-président, en qualité de juge des référés.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3, le juge des référés peut cependant rejeter la requête sans instruction ni audience " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ".

2. Si M. B, ressortissant comorien né en 1992, justifie d'une présence à Mayotte depuis 2012 et se prévaut des liens entretenus avec son père, de nationalité française, sa sœur, de nationalité française également, et son frère, qui dispose d'une carte de résident, les éléments ainsi invoqués ne sont pas de nature à établir que le refus implicitement opposé à sa demande de délivrance d'un premier titre de séjour serait constitutif, par lui-même, d'une atteinte grave et immédiate portée à sa situation. La condition d'urgence inhérente au référé-suspension n'est donc pas remplie.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête en référé doit être rejetée, en toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin de statuer en outre sur la condition relative à l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B.

Fait à Mamoudzou, le 5 septembre 2024.

Le juge des référés,

M.-A. AEBISCHER

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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