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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2401669

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2401669

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2401669
TypeOrdonnance
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant comorien, qui contestait son maintien en zone d'attente et son obligation de quitter le territoire français. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas caractérisée et que l'atteinte alléguée à sa vie privée et familiale n'était pas grave et manifestement illégale, faute pour le requérant de justifier d'une présence ancienne et continue à Mayotte ou de liens familiaux intenses. Les conclusions relatives au placement en rétention ont été rejetées pour incompétence de la juridiction administrative, cette matière relevant du juge judiciaire. La décision a été rendue sur le fondement des articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice

administrative :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de mettre fin à son maintien en zone d'attente ;

3°) d'enjoindre au préfet de Mayotte, en cas de reconduite préalable à l'audience, d'organiser son retour en France ;

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est exposé à un éloignement imminent vers son pays d'origine ;

- son maintien en zone d'attente et le risque d'éloignement pesant sur lui constituent une atteinte grave et immédiate à son droit à une vie privée et familiale normale, d'autant plus que les autorités comoriennes et françaises le reconduisent vers l'un et l'autre territoire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. M. A, ressortissant comorien né le 6 juin 2003, doit être regardé comme demandant la suspension de l'arrêté par lequel le préfet de Mayotte l'a obligé à quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour et fixant le pays de destination.

3. D'une part, en vertu des dispositions des articles R. 741-3 et s. du code de de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le juge judiciaire est compétent pour connaître de conclusions dirigées contre la décision de placement en centre de rétention d'un étranger. Les conclusions de la requête dirigées contre cette décision et tendant à sa remise en liberté doivent donc être rejetées comme présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

4. D'autre part, si le requérant soutient être à Mayotte depuis 2017, il produit uniquement ses certificats de scolarité depuis 2018, ce qui ne permet pas d'établir une présence ancienne et continue. S'il dit vivre avec sa sœur, il n'établit pas l'intensité de ses liens familiaux en se bornant à produire une attestation d'hébergement et de prise en charge. Enfin, si dans sa requête il invoque sa qualité de parent d'enfant français, il n'apporte aucun élément à l'appui de cette allégation. Dans ces conditions, il n'est manifestement pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté porterait une atteinte grave et manifestement illégale à une des libertés fondamentales qu'il invoque. Par suite, l'ensemble des conclusions de la requête peuvent être rejetées sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de Mayotte.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Mamoudzou, le 5 septembre 2024.

La juge des référés,

L. LEBON

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401669

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