mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Mayotte |
| Section | Tribunal Administratif de Mayotte |
| N° Dossier | TA107-2401680 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 septembre 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant l'annulation de l'arrêté du 1er juin 2023 par lequel le préfet de Mayotte lui a refusé le droit au séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de destination, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux reçu le 11 juillet 2023, et d'enjoindre au réexamen de sa situation.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il a eu connaissance de la décision qui lui est opposée, qu'elle soit explicite, implicite ou révélée par ses effets à l'égard de l'intéressée.
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée du 1er juin 2023, dont il ne ressort pas des pièces produites qu'elle comportait la mention des voies et délais de recours ainsi que la durée de ce délai, a été remise en main propre à Mme B le 22 juin 2023 ainsi qu'il ressort des mentions apposées sur l'arrêté contesté. Par un courrier du 7 juillet 2023 reçu le 11 juillet suivant, l'intéressée a présenté un recours gracieux à l'encontre de l'arrêté du 1er juin 2023, en joignant la copie de cet arrêté à son recours. Or, la requête de Mme B n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 6 septembre 2024, soit après l'expiration du délai de recours contentieux prévu par les dispositions citées au point 2. Par suite, la présente requête, qui est tardive, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et peut être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie pour information en sera adressée au préfet de Mayotte.
Fait à Mamoudzou, le 17 septembre 2024.
La présidente de la 2ème chambre,
A. BLIN
La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.