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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2401688

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2401688

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2401688
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la demande de suspension de l'obligation de quitter le territoire français sans délai prise à l'encontre de M. F D A. Cette décision a été retirée par le préfet de Mayotte le 10 septembre 2024, avant l'audience, et le préfet s'est engagé à réexaminer sa situation. En conséquence, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et injonctives, tout en condamnant l'État à verser 600 euros au requérant au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 septembre 2024, F D A, représenté par l'AARPI Bélliard-Ratrimoarivony-Chhann, agissant par Me Belliard, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre les effets de l'arrêté n° 16615/2024 du 8 septembre 2024 par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de Mayotte de lui délivrer une autorisation provisoire l'autorisant à travailler et, de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il est susceptible d'être éloigné à tout moment de Mayotte sur le fondement de la mesure d'éloignement litigieuse ;

- la mesure d'éloignement prononcée à son encontre porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme, dès lors qu'il réside à Mayotte depuis sa naissance, le 31 mars 2005, soit 19 années, qu'il y a été scolarisé sans interruption jusqu'en 2023, qu'il est entouré depuis sa naissance de sa mère, Mme E, actuellement à La Réunion pour y recevoir des soins hospitaliers, ainsi que de deux frères et sœurs ;

Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2024, le préfet de Mayotte conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête

Il fait valoir que, par un arrêté du 10 septembre 2024, il a retiré l'arrêté litigieux et que le requérant sera prochainement convoqué en préfecture pour un réexamen de sa situation.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la convention européenne des droits de l'homme et de sauvegarde des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision, prise en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, par laquelle le président du Tribunal a désigné M. Sauvageot, premier conseiller, en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique qui a eu lieu le 11 septembre 2024 à 10h00 heures, le magistrat constituant la formation de jugement compétente siégeant au tribunal administratif de La Réunion dans les conditions prévues à l'article L. 781-1 et aux articles R. 781-1 et suivants du code de justice administrative, Mme C étant greffier d'audience au tribunal administratif de Mayotte.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sauvageot, juge des référés

- les observations de Me Belliard, avocat du requérant ;

- les observations de Mme B, représentante du préfet de Mayotte ;

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté n° 16615/2024 du 8 septembre 2024, le préfet de Mayotte a fait obligation à M. F D A, ressortissant comorien né le 31 mars 2005, de quitter le territoire sans délai et a assorti cette mesure d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'une année. Dans le cadre de la présente instance, M. F D A demande la suspension des effets de la seule mesure d'éloignement prononcée à son encontre.

2. Il résulte de l'instruction que, par arrêté du 10 septembre 2024, le préfet de Mayotte a retiré l'arrêté litigieux. Par ailleurs, dans son mémoire en défense, le préfet s'engage à convoquer rapidement le requérant en préfecture pour un réexamen de sa situation. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension des effets de la décision d'éloignement litigieuse. Par suite, il n'y a également pas lieu de statuer sur les conclusions injonctives de la requête.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension des effets de la décision d'éloignement litigieuse, non plus que sur les conclusions injonctives tendant à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour.

Article 2 : L'Etat versera au requérant une somme de 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F D A et au préfet de Mayotte.

Copie en sera, en outre, transmise au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Fait à Mamoudzou, le 11 septembre 2024.

Le juge des référés,

F. SAUVAGEOT

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2401688

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