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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2500486

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2500486

samedi 29 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2500486
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A..., ressortissant comorien, qui contestait un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français sans délai. Le juge estime que le requérant n'établit ni l'ancienneté de son séjour à Mayotte, ni sa participation effective à l'entretien et à l'éducation de sa fille résidant à Grenoble. En conséquence, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté porterait une atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés fondamentales, notamment au droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La requête est rejetée par ordonnance motivée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :



Par une requête enregistrée le 27 mars 2025, M. C... A..., représenté par Me Ahamada, demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :


1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du préfet de Mayotte portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;


2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et, le cas échéant, d’ordonner son retour à Mayotte au frais et diligence de la préfecture sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;


3°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 2000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie en raison du caractère exécutoire de l’obligation de quitter le territoire ;
- l’arrêté porte une atteinte grave et manifestement illégale aux droits consacrés par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentale ;
- il porte atteinte à sa liberté d’aller et venir consacré par la même convention ;
- il porte atteinte aux articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l’enfant ;


Vu les autres pièces du dossier ;


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Monlaü, premier conseiller, en qualité de juge des référés, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. M. C... A..., ressortissant comorien, né le 10 août 1990 à Adda- Daoueni, Anjouan, demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du préfet de Mayotte portant obligation de quitter le territoire français sans délai.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Enfin l'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. »

3. M. C... A... soutient qu’il réside à Mayotte avec sa famille « depuis plus de cinq ans » et qu’il est parfaitement intégré. Toutefois, les pièces qu’il produit ne peuvent suffire à établir son ancienneté et sa continuité de séjour sur le territoire français. En outre, il ne justifie pas de ses liens avec la personne qui l’héberge. Enfin, en se bornant à produire une copie de la pièce d’identité de sa fille ainsi que son livret de famille et un certificat de scolarité pour l’année scolaire 2024-2025, il ne produit aucun élément permettant de justifier sa participation effective à son entretien et à son éducation. De même, sa fille réside à Grenoble, à une adresse différente de la sienne. Dans ces conditions, il n’est manifestement pas fondé à soutenir que l’arrêté contesté porterait une atteinte grave et manifestement illégale à une des libertés fondamentales qu’il invoque. Par suite, l’ensemble des conclusions de la requête peuvent être rejetées sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C... A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... A... et au préfet de Mayotte.

Copie en sera transmise au ministre de l’intérieur et au ministre des outre-mer en application de l’article R. 751-8 du code de justice administrative.


Fait à Mamoudzou, le 29 mars 2025


Le juge des référés,




X. MONLAÜ


La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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