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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2600599

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2600599

vendredi 20 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2600599
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme B..., ressortissante malgache, qui contestait un arrêté préfectoral du 15 février 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai. La requérante invoquait un risque pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine, mais n'a produit aucune pièce d'identité ni élément établissant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Faute de justifier de l'urgence ou du bien-fondé de sa demande, le juge des référés a rejeté la requête sans audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 février 2026, Mme A... B... représentée par Me Kaled demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du préfet de Mayotte du 15 février 2026 portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d’une interdiction de retour pendant deux ans ;

2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie en raison de la rétention administrative dont elle fait l’objet et du caractère exécutoire de l’obligation de quitter le territoire ;
- elle est exposée à un risque pour sa vie dans son pays d’origine.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
-la désignation par le président de la juridiction de Mme Tomi, première conseillère en qualité de juge des référés.

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Mme B..., ressortissante malgache née le 3 novembre 1988 a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire sans délai et a été placée au centre de rétention administrative, faute d’avoir pu justifier de la régularité de son arrivée sur le territoire alors qu’elle était à bord d’une embarcation clandestine. Elle demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du préfet de Mayotte l’obligeant à quitter le territoire français sans délai.

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (…) ». Enfin l'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ».

3. Mme B... ne produit à l’appui de son recours aucune pièce permettant de s’assurer de son identité ni aucun document de nature à justifier que l’arrêté attaqué aurait été pris en méconnaissance des stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Par suite sa requête peut être rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au préfet de Mayotte.

Copie au ministre de l’intérieur.

Fait à Mamoudzou, le 20 février 2026.


Le juge des référés,

N.TOMI

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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