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AccueilJurisprudence administrativeN° TA107-2600719

Tribunal Administratif de Mayotte — Décision N° TA107-2600719

vendredi 27 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Mayotte
SectionTribunal Administratif de Mayotte
N° DossierTA107-2600719
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantAHAMADA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Mayotte, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B..., ressortissant comorien, qui contestait un arrêté préfectoral lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai. Le requérant invoquait une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale (article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme), en raison de sa résidence à Mayotte depuis l'âge de 13 ans et de ses attaches scolaires et familiales. Le juge a estimé que ces allégations, non étayées par des pièces et imprécises quant à la nature des attaches invoquées, ne démontraient pas une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La requête a été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

de Mayotte,Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 février 2026, M. B..., ressortissant comorien né en 2006, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et de lui désigner un avocat d’office ;

2°) de suspendre les effets de l’arrêté par lequel le préfet de Mayotte lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai ;

3°) d’enjoindre au préfet de Mayotte de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l’attente, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de 8 jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) le cas échéant, d’enjoindre au préfet de Mayotte d’organiser son retour à Mayotte, par tous moyens, au frais de l’Etat, dans un délai de 8 jours, sous astreinte de 3
00 euros par jour de retard.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’il peut être éloigné à tout moment en exécution de la mesure d’éloignement litigieuse ;
- la mesure d’éloignement sans délai prononcé à son encontre porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme, dès lors qu’il réside à Mayotte depuis avant l’âge de 13 ans, qu’il y a été scolarisé et qu’il y a constitué l’intégralité de ses attaches familiales personnelles et scolaires.



Vu :
- les pièces du dossier
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » ; qu’ aux termes de l’article L. 522-3 du même code « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. Le requérant soutient qu’il réside à Mayotte depuis avant l’âge de 13 ans, qu’il y a été scolarisé et qu’il y a constitué l’intégralité de ses attaches familiales personnelles et scolaires. Toutefois, il ne précise aucunement la nature des attaches familiales et personnelles dont il se prévaut. En outre, ses allégations ne sont étayées par aucune pièce. Dans ces conditions, il n’est manifestement pas fondé à soutenir que la mesure d’éloignement litigieuse méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions en application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



ORDONNE :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B....
Copie pour information en sera adressée au préfet de Mayotte ;


Fait à Mamoudzou, le 27 février 2026.


Le juge des référés,


F. SAUVAGEOT

La République mande et ordonne au préfet de Mayotte en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.






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