Texte intégral
Vu la rocédure suivante :
ar une requête et des mémoires, enregistrés les 7 mai 2021, 7 juin 2022 et 16 janvier 2025, la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute, re résentées ar Me Fiorentino, demandent au tribunal :
1°) de condamner solidairement M. B... C... et les sociétés BET Battier et ACT Climatisation à verser la somme de 1 488 euros TTC à la communauté de commune Al es rovence Verdon et la somme de 68 660,37 euros TTC à la commune de Thorame-Haute, au titre du coût de re rise des désordres affectant le système de chauffage ;
2°) de condamner solidairement M. B... C... et les sociétés BET Battier et ACT Climatisation et Gamba à verser la somme de 13 305 euros TTC à la communauté de commune Al es rovence Verdon et la somme de 4 094,41 euros TTC à la commune de Thorame-Haute, au titre du coût de re rise des désordres affectant le sol du réfectoire et de la cuisine ;
3°) de condamner solidairement M. B... C... et les sociétés BET Battier et ACT Climatisation à verser la somme de 10 000 euros à la commune de Thorame-Haute, au titre du réjudice moral ;
4°) de mettre à la charge de M. B... C... et des sociétés BET Battier, ACT Climatisation et Gamba les dé ens ;
5°) de mettre à la charge de chacune de ces sociétés la somme de 700 euros à verser à la communauté de communes Al es rovence Verdon et la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Thorame-Haute, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- les désordres affectant le réseau central de traitement d’air et d’infiltration et traces d’humidité dans le réfectoire et la cuisine, qui rendent ces ouvrages im ro res à leur destination, sont de nature à ermettre l’a lication de garantie décennale des constructeurs ;
- les désordres affectant le réseau central de traitement d’air sont im utables au grou ement de maîtrise d’œuvre formé ar la société BET Battier et M. B... C... ainsi qu’à la société ACT Climatisation ;
- les désordres affectant le réfectoire et la cuisine sont im utables au grou ement de maîtrise d’œuvre formé ar la société BET Battier et M. B... C... ainsi qu’aux sociétés ACT Climatisation et Gamba ;
- la communauté de commune Al es rovence Verdon doit être indemnisée de la somme de 1 488 euros TTC et la commune de Thorame-Haute de la somme de 68 660,37 euros TTC, coût de la maîtrise d’œuvre inclus, au titre du coût de re rise des désordres affectant le système de chauffage ;
- la communauté de commune Al es rovence Verdon doit être indemnisée de la somme de 13 305 euros TTC et la commune de Thorame-Haute de la somme de 4 094,41 euros TTC, coût de la maîtrise d’œuvre inclus, au titre du coût de re rise des désordres affectant le sol du réfectoire et de la cuisine ;
- la commune de Thorame-Haute doit être indemnisée de la somme de 10 000 euros au titre du réjudice moral ;
- la totalité des dé ens doit être mise à la charge des arties erdantes.
ar des mémoires en défense, enregistrés les 14 et 17 janvier 2022 et le 15 juillet 2022, M. B... C..., re résenté ar Me Citeau, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) au rejet de la requête ;
2°) au rejet des conclusions résentées à son encontre ;
3°) à la condamnation des sociétés BET Battier rise en la ersonne son liquidateur Me Éric Verrechia, Gamba, ACT Climatisation et la SMABT à le relever et garantir de toute condamnation rononcée à son encontre ;
4°) à ce que soit mis à la charge des requérantes une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre le grou ement formé ar la société BET Battier et M. B... C... sont irrecevables dès lors que le grou ement n’a as de ersonnalité morale et aucune demande n’ayant été formulée contre lui à titre individuel, aucune condamnation ne saurait être rononcée ;
- les désordres affectant le réfectoire et la cuisine ne sont as de nature engager la res onsabilité des constructeurs dès lors que l’ex ert ne récise à aucun moment qu’ils sont de nature à rendre l’ouvrage im ro re à sa destination ou à en affecter la solidité ;
- les désordres affectant le réseau central de traitement d’air et le réfectoire ne lui sont as im utables qu’en tant qu’architecte mais sont im utables à la société BET Battier, chargée du volet technique com renant les lots n°2 et n°9 ainsi qu’il ressort de la rédaction du cahier des clauses techniques articulières et des rocès-verbaux de réce tion de ces lots ;
- la somme de 1 488 euros corres ondant à la facture de la société Qualidetec, assimilable à des dé ens, ne saurait être rise en com te au titre de la ré aration d’un réjudice ;
- les requérantes ne sont as fondées à solliciter la somme de 4 238,30 HT au titre des honoraires de maîtrise d’œuvre relatifs aux travaux de re rise des désordres affectant le réseau central de traitement de l’air dès lors que ces travaux ne nécessitent as l’intervention d’un maître d’œuvre, elles ne sont as davantage fondées à solliciter la somme de 13 305,60 euros our les travaux de la cuisine collective dès lors que ces travaux ont été ris en charge ar l’assureur de la commune et que l’ex ert n’a constaté aucun dommage dans la cuisine ;
- le réjudice moral n’est as justifié ;
- il est fondé à a eler en garantie la société BET Battier rise en la ersonne son liquidateur Me Éric Verrechia, et la société ACT Climatisation au titre du désordre affectant le réseau central de traitement d’air ainsi que la société BET Battier rise en la ersonne son liquidateur Me Éric Verrechia, et les sociétés Gamba et ACT Climatisation au titre des désordres affectant le réfectoire et la cuisine, enfin il est fondé à a eler en garantie son assureur, la société SMABT .
ar un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, la Société Mutuelle d’Assurances du Bâtiment et des Travaux ublics (SMABT ), re résentée ar Me Guillet, conclut :
1°) au rejet des conclusions résentées à son encontre ;
2°) à la condamnation solidaire de M. B... C..., et de la société ACT Climatisation, ainsi que de leurs assureurs à la relever et garantir de toute condamnation rononcée à son encontre au titre des désordres de chauffage et à celle de M. B... C... et des sociétés ACT Climatisation et Gamba, ainsi que de leurs assureurs à la relever et garantir de toute condamnation rononcée à son encontre au titre des désordres affectant le chauffage et la cuisine ;
3°) à ce que soit mis à la charge de toute artie erdante une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative n’est as com étente our connaître des conclusions résentées à son encontre en qualité d’assureur de la société BET Battier ;
- le ositionnement de la centrale de traitement d'air dans les combles est im utable à M. B... C... et non à la société BET Battier ;
- l'insuffisance de régulation n'est as im utable à la société BET Battier dès lors qu'elle résulte d'un défaut d'exécution et non de conce tion ;
- elle est fondée à a eler en garantie la société ACT Climatisation et son assureur, ainsi que M. B... C... et son assureur en cas de condamnation au titre des désordres affectant le réseau central de traitement de l’air ;
- les désordres affectant le réfectoire et la cuisine ne sont as de nature décennale ainsi qu'il ressort de l'ex ertise et ne sont en tout état de cause as im utables au grou ement de maîtrise d'œuvre ;
- elle est fondée à a eler en garantie M. B... C... en cas de condamnation au titre des désordres affectant le réfectoire et la cuisine ;
- la somme de 1 488 euros corres ondant à la facture de la société Qualidetec, corres ondant à des dé ens, ne saurait être rise en com te au titre de la ré aration d’un réjudice ;
- les requérantes ne sont as fondées à solliciter l'indemnisation du coût de la maîtrise d'œuvre à hauteur de 8 % du montant des travaux de re rise des désordres affectant le réseau central de traitement de l’air dès lors que cette évaluation forfaitaire n'est as justifiée, elles ne sont as davantage fondées à solliciter la somme de 13 305,60 euros our les travaux de la cuisine collective dès lors que ces travaux ont été ris en charge ar l’assureur de la commune et que l’ex ert n’a constaté aucun dommage dans la cuisine ;
- le réjudice moral n’est as justifié.
ar un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2024, la société Gamba, re résentée ar Me Guarise, conclut :
1°) au rejet de conclusions résentées à son encontre ;
2°) à ce que sa condamnation soit limitée à 10 % du réjudice et à 1 % des dé ens ;
3°) à ce que soit mis à la charge de toute artie erdante une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
l’action en garantie décennale est rescrite dès lors qu’entre la date de réce tion des travaux et la date à laquelle la requête lui a été notifiée, il s’est écoulé lus de dix ans ;
sa res onsabilité au titre des désordres affectant le réfectoire et la cuisine doit être limitée à 10 % dès lors qu’ils sont im utables à 80% au grou ement de maîtrise d’œuvre et dans un moindre mesure à la société ACT Climatisation et à elle ;
sa condamnation au titre des dé ens doit être limitée à 1 %.
ar une requête, enregistrée le 7 juin 2022, la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute, re résentées ar Me Fiorentino Christo he, demandent au tribunal :
1°) de condamner solidairement M. B... C... et les sociétés BET Battier et ACT Climatisation à verser la somme de 1 488 euros TTC à la communauté de commune Al es rovence Verdon et la somme de 68 660,37 euros TTC à la commune de Thorame-Haute, au titre du coût de re rise des désordres affectant le système de chauffage ;
2°) de condamner solidairement M. B... C... et les sociétés BET Battier, ACT Climatisation et Gamba à verser la somme de 13 305 euros TTC à la communauté de commune Al es rovence Verdon et la somme de 4 094,41 euros TTC à la commune de Thorame-Haute, au titre du coût de re rise des désordres affectant le sol du réfectoire et de la cuisine ;
3°) de condamner solidairement M. B... C... et les sociétés BET Battier et ACT Climatisation à verser la somme de 10 000 euros à la commune de Thorame-Haute, au titre du réjudice moral ;
4°) de mettre à la charge de M. B... C... et des sociétés BET Battier, ACT Climatisation et Gamba les dé ens ;
5°) de condamner la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux ublics (SMABT ), la Mutuelle des architectes français (MAF), la Mutuelle d'assurance des artisans de France (MAAF) et Axa France Iard à relever et garantir res ectivement les sociétés BET Battier, ACT Climatisation, Gamba et M. B... C... ;
6°) de mettre à la charge des sociétés BET Battier, ACT Climatisation, Gamba et M. B... C... la somme de 700 euros à verser à la communauté de communes Al es rovence Verdon et la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Thorame-Haute, au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- les désordres affectant le réseau central de traitement d’air et d’infiltration et traces d’humidité dans le réfectoire et la cuisine, qui rendent ces ouvrages im ro res à leur destination, sont de nature à ermettre l’a lication de garantie décennale des constructeurs ;
- les désordres affectant le réseau central de traitement d’air sont im utables au grou ement de maîtrise d’œuvre formé ar la société BET Battier et M. B... C... ainsi qu’à la société ACT Climatisation ;
- les désordres affectant le réfectoire et la cuisine sont im utables au grou ement de maîtrise d’œuvre formé ar la société BET Battier et M. B... C... ainsi qu’aux sociétés ACT Climatisation et Gamba ;
- la communauté de commune Al es rovence Verdon doit être indemnisée de la somme de 1 488 euros TTC et la commune de Thorame-Haute de la somme de 68 660,37 euros TTC, coût de la maîtrise d’œuvre inclus, au titre du coût de re rise des désordres affectant le système de chauffage ;
- la communauté de commune Al es rovence Verdon doit être indemnisée de la somme de 13 305 euros TTC et la commune de Thorame-Haute de la somme de 4 094,41 euros TTC, coût de la maîtrise d’œuvre inclus, au titre du coût de re rise des désordres affectant le sol du réfectoire et de la cuisine ;
- la commune de Thorame-Haute doit être indemnisée de la somme de 10 000 euros au titre du réjudice moral ;
- la totalité des dé ens doit être mise à la charge des arties erdantes.
ar un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2025, la Mutuelle d'assurance des artisans de France (MAAF), re résentée ar Me Cam ana-Mouillac, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les désordres relatif au système de chauffage sont im utables au grou ement de maîtrise d'œuvre ;
- les désordres relatifs au réfectoire et à la cuisine sont im utables à M. B... C... et à la société BET Battier ;
- les coûts de re rises ne sont as justifiés.
ar un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2025, la SMABT , re résentée ar Me Guillet, conclut :
1°) au rejet de conclusions résentées à son encontre ;
2°) à la condamnation solidaire de M. B... C..., et de la société ACT Climatisation, ainsi que de leurs assureurs à la relever et garantir de toute condamnation rononcée à son encontre au titre des désordres de chauffage et à celle de M. B... C..., et des sociétés ACT Climatisation et Gamba, ainsi que de leurs assureurs à la relever et garantir de toute condamnation rononcée à son encontre au titre des désordres affectant le chauffage et la cuisine ;
3°) à ce que soit mis à la charge de toute artie erdante une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative n’est as com étente our connaître des conclusions résentées à son encontre en qualité d’assureur de la société BET Battier ;
- le ositionnement de la centrale de traitement d'air dans les combles est im utable à M. B... C... et non à la société BET Battier ;
- le roblème de régulation n'est as im utable à la société BET Battier dès lors qu'il résulte d'un défaut d'exécution et non de conce tion ;
- elle est fondée à a eler en garantie la société ACT Climatisation et son assureur, ainsi que M. B... C... et son assureur en cas de condamnation au titre des désordres affectant le réseau central de traitement de l’air ;
- les désordres affectant le réfectoire et la cuisine ne sont as de nature décennale ainsi qu'il ressort de l'ex ertise et ne sont en tout état de cause as im utables au grou ement de maîtrise d'œuvre ;
- elle est fondée à a eler en garantie M. B... C... en cas de condamnation au titre des désordres affectant le réfectoire et la cuisine ;
- la somme de 1 488 euros corres ondant à la facture de la société Qualidetec, corres ondant à des dé ens, ne saurait être rise en com te au titre de la ré aration d’un réjudice ;
- les requérantes ne sont as fondées à solliciter l'indemnisation du coût de la maîtrise d'œuvre à hauteur de 8 % du montant des travaux de re rise des désordres affectant le réseau central de traitement de l’air soit la somme de 4 238,30 HT dès lors que cette évaluation forfaitaire n'est as justifiée, elles ne sont as davantage fondées à solliciter la somme de 13 305,60 euros our les travaux de la cuisine collective dès lors que ces travaux ont été ris en charge ar l’assureur de la commune et que l’ex ert n’a constaté aucun dommage dans la cuisine ;
- le réjudice moral n’est as justifié.
ar un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2025, la société Gamba, re résentée ar Me Guarise, conclut :
1°) au rejet de conclusions résentées à son encontre ;
2°) à ce que sa condamnation soit limitée à 10 % du réjudice et à 1 % des dé ens ;
3°) à ce que soit mis à la charge de toute artie erdante une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
l’action en garantie décennale est rescrite dès lors qu’entre la date de réce tion des travaux et la date à laquelle la requête lui a été notifiée, il s’est écoulé lus de dix ans ;
sa res onsabilité au titre des désordres affectant le réfectoire et la cuisine doit être limitée à 10 % dès lors qu’ils sont im utables à 80 % au grou ement de maîtrise d’œuvre et dans une moindre mesure à la société ACT Climatisation et à elle ;
sa condamnation au titre des dé ens doit être limitée à 1 % soit 253,53 euros.
ar un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2025, M. B... C..., re résenté ar Me Citeau, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la condamnation de la société BET Battier et de son assureur, la société SMABT , à le relever et garantir de toute condamnation rononcée à son encontre ;
3°) à ce que soit mis à la charge des requérantes une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les désordres affectant le réseau central de traitement d’air et le réfectoire ne lui sont as im utables qu’en tant qu’architecte mais sont im utables à la société BET Battier, chargée du volet technique com renant les lots n°2 et n°9 ;
- les désordres affectant le réseau central de traitement d’air sont également im utables à la société ACT Climatisation qui n’a as révu d’accès our assurer l’entretien de ces centrales ;
- sa res onsabilité au titre des désordres affectant le réseau central de traitement d’air ne saurait être retenue comme l’a fait l’ex ert, dès lors que le ositionnement des centrales de traitement de l’air dans les combles relevait de la seule décision de la société BET Battier et qu’il a soumis cette solution à l’avis de la société Socotec, contrôleur technique, qui l’a validée ;
- l’insuffisance de régulation est im utable à la société BET Battier, aucune res onsabilité ne saurait donc lui être retenue ;
- les désordres affectant le réfectoire et la cuisine ne relèvent as d’un défaut de conce tion mais sont la conséquence d’un sinistre survenu en 2015 et des travaux consécutifs, et ne sont as de nature décennale ;
- il est fondé à a eler en garantie la société BET Battier et son assureur, la SMABT ;
- la somme de 1 488 euros corres ondant à la facture de la société Qualidetec, assimilable à des dé ens, ne saurait être rise en com te au titre de la ré aration d’un réjudice ;
- les requérantes ne sont as fondées à solliciter l'indemnisation du coût de la maîtrise d'œuvre à hauteur de 8 % du montant des travaux de re rise des désordres affectant le réseau central de traitement de l’air soit la somme de 4 238,30 HT dès lors que cette évaluation forfaitaire n'est as justifiée, elles ne sont as davantage fondées à solliciter la somme de 13 305,60 euros our les travaux de la cuisine collective dès lors que ces travaux ont été ris en charge ar l’assureur de la commune et que l’ex ert n’a constaté aucun dommage dans la cuisine ;
- le réjudice moral n’est as justifié.
Un mémoire enregistré le 18 juillet 2025 our la Mutuelle des Architectes Français (MAF) n’a as été communiqué.
Le 4 se tembre 2025, les arties ont été informées, en a lication des dis ositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susce tible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de ce que la garantie décennale des constructeurs ne eut être invoquée s’agissant des désordres affectant le réseau central de traitement d’air dès lors que la réce tion définitive des travaux du lot n°9 n’a as été rononcée.
La communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute ont roduit des observations en ré onse à ce moyen d’ordre ublic le 5 se tembre 2025.
Vu :
- l’ordonnance n° 1905684 du 22 octobre 2019 ar laquelle le juge des référés a désigné M. A... en qualité d’ex ert ;
- l’ordonnance n° 1905684-0 du 20 janvier 2021 ar laquelle le résident du tribunal a taxé les frais de l’ex ertise ;
- les autres ièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des marchés ublics ;
- le code de justice administrative.
Les arties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience ublique :
- le ra ort de Mme Devictor,
- les conclusions de Mme Giocanti, ra orteure ublique,
- les observations de Me Fiorentino, re résentant la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute, de Me Citeau et de Me Bisson, re résentant M. B... C..., de Me Loew, re résentant la SMABT et de Me Ravier, re résentant la MAAF.
Considérant ce qui suit :
Dans le cadre de la réhabilitation d’une ancienne bergerie en grou e scolaire intercommunal, la communauté de communes Haut Verdon Val d’Allos a, ar un acte d’engagement conclu le 6 octobre 2009, attribué la maîtrise d’œuvre au grou ement constitué entre la société BET Battier et M. B... C..., architecte. Le lot n°2b « gros œuvre, sols durs, faïences, enduits » a été confié à la société Gamba et le lot n°9 « chauffage, ventilation, lomberie, sanitaires » a été confié à la société ACT Climatisation. La réce tion des travaux du lot n°2 a été rononcée le 18 octobre 2012. ostérieurement, des désordres affectant le réseau central de traitement d’air et des désordres d’infiltration et des traces d’humidité dans le réfectoire et de la cuisine collective ont été constatés. Le 1er janvier 2017, la communauté de communes de Haut Verdon Val d’Allos a fusionné, avec quatre autres communautés de communes, our former un nouvel établissement, la communauté de communes « Al es rovence Verdon ». De uis le 1er janvier 2019, la commune de Thorame-Haute est com étente our la construction des grou es scolaires. Le 1er juillet 2019, la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute ont saisi le juge des référés du tribunal d’une demande tendant à la rescri tion d’une ex ertise ortant sur ces désordres. ar une ordonnance n° 1905684 du 22 octobre 2019 le juge des référés a fait droit à cette demande et désigné M. A... en qualité d’ex ert. Celui-ci a dé osé son ra ort le 27 décembre 2020. ar la résente requête, la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute demandent au tribunal de condamner solidairement, sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, M. B... C... et les sociétés BET Battier, ACT Climatisation et Gamba à l’indemniser des travaux de re rise et du réjudice moral, au titre des désordres affectant l’ouvrage.
Sur la jonction :
Les requêtes de la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute résentant à juger des questions connexes, il y a lieu de les joindre our statuer ar un seul jugement.
Sur la com étence de la juridiction administrative :
Il n'a artient qu'aux tribunaux de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au aiement de sommes dues ar un assureur au titre de ses obligations de droit rivé et en raison du fait dommageable commis ar son assuré, alors même que l'a réciation de la res onsabilité de cet assuré dans la réalisation du fait dommageable relève du juge administratif.
Il suit de là que les conclusions d’a el en garantie formées à l’encontre de la société Mutuelle des architectes français (MAF), assureur de M. B... C..., de la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux ublics (SMABT ), assureur de la société BET Battier, de la Mutuelle d'assurance des artisans de France (MAAF), assureur de la société ACT Climatisation et de la société Axa France Iar, assureur de la société Gamba, ne euvent qu’être rejetées comme ortées devant une juridiction incom étente our en connaître.
Sur la garantie décennale :
Il résulte des rinci es qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres, a arus dans le délai d’é reuve de dix ans, engagent la res onsabilité de ces constructeurs s’ils sont de nature à com romettre la solidité de l’ouvrage ou à le rendre im ro re à sa destination. La res onsabilité des constructeurs eut être recherchée sur le fondement des rinci es qui régissent la garantie décennale dans l’hy othèse où une réce tion tacite des travaux est intervenue.
S’agissant des désordres thermiques :
Il résulte de l’instruction que, s’agissant du lot n°9, le maître d’œuvre a ro osé le 30 août 2012 de ne as rononcer la réce tion des travaux uis, le 10 octobre 2012, de rononcer la réce tion des travaux sous réserves de l’exécution des travaux énoncés en annexe 1, et avec réserve de remédier aux im erfections et malfaçons indiquées dans cette même annexe et de mise en conformité des équi ements avec des s écifications du fournisseur. Toutefois, il est constant que les travaux n’ont fait l’objet d’aucune réce tion ex resse. La communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute font valoir que le rocès-verbal de réce tion ne ouvait être dressé contradictoirement en raison de la liquidation de la société ACT Climatisation ar un jugement du 29 novembre 2012 mais soutiennent qu’une réce tion tacite serait intervenue dès lors que le maître d’ouvrage avait ris ossession des lieux et que les travaux avaient été réglés dans leur quasi-intégralité. Toutefois, il résulte de l’instruction, en articulier du courrier du 20 décembre 2012 adressé ar les requérantes au liquidateur de la société ACT Climatisation, que les remières ont ex ressément mentionné leur intention de ne as rononcer la réce tion de ce lot et de oursuivre le contrat endant une durée d’un mois faute de quoi elles rocéderaient à une résiliation de lein droit du marché dès lors que les restations étaient « de mauvaise qualité » et mettaient « en éril le bon fonctionnement de l’établissement scolaire ». Ainsi, dans les circonstances de l’es èce, les arties ne euvent être regardées comme ayant eu la commune intention de rocéder à une réce tion tacite. Aucune réce tion n’étant intervenue, la res onsabilité des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale ne eut être recherchée au titre des désordres en lien avec le lot n°9.
S’agissant des désordres d’infiltration :
Il résulte de l’instruction que le réfectoire résente des infiltrations et des traces d’humidité, mesurée à 10 % au niveau du sol et à 90 % en hauteur dans le réfectoire. L’ex ert relève que les rails de laco lâtre sont corrodés du fait des infiltrations, que le carrelage sonne creux et est cassé en lusieurs endroits et que la cha e anhydrite est sensible à l’eau. L’ex ert indique que les désordres roviennent d’un dégât des eaux survenu en 2015 dans la cuisine collective qui s’est étendu au réfectoire, et qu’une ex ertise assurantielle avait conclu que la ose de carrelage était défectueuse, sans qu’il ait fait l’objet des ré arations nécessaires. Toutefois, alors qu’il n’a araît as que ces infiltrations soient telles qu’elles rendent inutilisables le réfectoire ni la cuisine ni encore qu’elles affectent le bâti, il ne résulte as de l’instruction que ces désordres soient de nature à com romettre la solidité de l’ouvrage ou à le rendre im ro re à sa destination. Dans ces conditions, la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute ne sont as fondées à rechercher la res onsabilité des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale au titre des désordres d’infiltrations dans le réfectoire et la cuisine collective.
Il résulte de ce qui récède, sans qu’il soit besoin de statuer sur la recevabilité des conclusions à l’encontre du grou ement de maîtrise d’œuvre et sur la rescri tion de l’action décennale, que les conclusions de la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute à l’encontre de M. B... C..., et des sociétés BET Battier, ACT Climatisation et Gamba sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs doivent être rejetées.
Sur les a els en garantie :
Aucune condamnation n’ayant été rononcée contre M. B... C... et la société SMABT , leurs conclusions en a el en garantie doivent être rejetées.
Sur les dé ens :
Dans les circonstances de l’es èce, il y a lieu, en a lication de l’article R. 761-1 du code de justice administrative, de mettre les frais et honoraires de l’ex ertise, liquidés et taxés à la somme de 25 353,98 euros TTC, à la charge définitive de la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute.
Sur les frais liés au litige :
Les dis ositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à la charge de M. B... C... et des sociétés BET Battier, Gamba et ACT Climatisation, qui n’ont as la qualité de arties erdantes, au titre des frais d’instance non com ris dans les dé ens. Il y a lieu, dans les circonstances de l’es èce, de mettre à la charge de la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute à verser à M. B... C... et à la société Gamba la somme de 2 000 euros chacun au titre de ces mêmes dis ositions et de rejeter les conclusions résentées sur ce même fondement ar la SMABT et la Mutuelle des architectes français.
D É C I D E :
Article 1er : Les conclusions tendant à la condamnation de la Sociétés Mutuelle des architectes français (MAF), de la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux ublics (SMABT ), de la Mutuelle d'assurance des artisans de France (MAAF) et de la société Axa France Iard sont rejetées comme ortées devant une juridiction incom étente our en connaître.
Article 2 : La requête résentée ar la communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute est rejetée.
Article 3 : La communauté de communes Al es rovence Verdon et la commune de Thorame-Haute verseront à M. B... C... et à la société Gamba la somme de 2 000 euros chacun au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les dé ens liquidés à la somme de 25 353,98 euros TTC, sont mis à la charge définitive de la communauté de communes Al es rovence Verdon et de la commune de Thorame-Haute.
Article 5 : Le sur lus des conclusions des arties est rejeté.
Article 6 : Le résent jugement sera notifié à la communauté de communes Al es rovence Verdon, à la commune de Thorame-Haute, à M. B... C..., à Me Éric Verrechia, à la société ACT Climatisation, à la société Gamba, à la Mutuelle des architectes français, à la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux ublics, à la Mutuelle d'assurance des artisans de France et à la société Axa France Iard.
Délibéré a rès l’audience du 11 se tembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, résident,
Mme Devictor, remière conseiller,
Mme D..., remière conseiller.
Rendu ublic ar mise à dis osition au greffe le 2 octobre 2025.
La ra orteure,
Signé
É. DEVICTOR
Le résident,
Signé
-Y. GONNEAU
La greffière,
Signé
J. David
La Ré ublique mande et ordonne au réfet des Al es-de-Haute- rovence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les arties rivées, de ourvoir à l’exécution de la résente décision.
our ex édition conforme,
La greffière,