mercredi 6 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104712 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | ROMIEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mai 2021, M. A B, représenté par Me Romieu, demande au tribunal :
1°) d'annuler la " décision " du 19 janvier 2021 par laquelle la préfète de police des Bouches-du-Rhône lui a refusé l'acquisition et la détention d'armes de catégorie C, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux du 29 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de police des Bouches-du-Rhône d'enregistrer sa déclaration d'acquisition et de détention d'une arme de catégorie C ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée du 19 janvier 2021 ;
- la préfète de police a commis une erreur de droit dès lors qu'aucune condamnation ne figure au bulletin n° 2 de son casier judiciaire ;
- la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où son comportement est compatible avec la détention d'armes de catégorie C.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2022, la préfète de police des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en ce que le courrier en litige constitue une mesure préparatoire ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, titulaire d'une licence de tir délivrée en 2020, a déclaré le 1er décembre 2020 auprès de la préfecture de police des Bouches-du-Rhône l'acquisition d'une carabine. A la suite de l'enquête administrative diligentée par l'administration, M. B a été informé par un courrier du 19 janvier 2021 que la préfète de police des Bouches-du-Rhône envisageait d'engager une procédure de dessaisissement de cette arme et des armes de catégories A, B et C en sa possession. M. B demande l'annulation de la " décision " du 19 janvier 2021, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux du 29 janvier 2021, et qu'il soit enjoint à la préfète de police des Bouches-du-Rhône d'enregistrer sa déclaration d'acquisition et de détention d'une arme de catégorie C.
2. Il ressort des termes du courrier contesté du 19 janvier 2021 que la préfète de police des Bouches-du-Rhône s'est bornée à informer le requérant qu'elle envisageait de mettre en œuvre une procédure de dessaisissement de la carabine en cause et des autres armes qu'il pourrait détenir, ainsi que, en cas de dépossession de ces armes, une procédure d'interdiction d'acquisition et de détention d'armes des catégories A, B et C. Ce courrier invitait en outre l'intéressé à formuler ses observations éventuelles sur la mesure envisagée, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la missive. Il était enfin précisé que, passé ce délai, une décision serait prise par la préfète de police. Or, un tel courrier, qui est une mesure préparatoire à une éventuelle décision de dessaisissement, ne constitue pas une décision administrative susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du courrier du 19 janvier 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite rejetant le recours gracieux du 29 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées par le requérant à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de police des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente de chambre,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026