jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2105215 |
| Type | Décision |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ROUANET AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 14 juin 2021 et le 29 juin 2022, M. et Mme C et B A, agissant en qualité de représentants légaux de M. D A, représentés par Me Rouanet, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 janvier 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Hautes-Alpes a fixé à 13 euros par jour la participation de M. D A à son accueil de jour, ensemble la décision du 21 avril 2021 portant rejet de leur recours administratif préalable obligatoire ;
2°) de mettre à la charge du département des Hautes-Alpes la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision du 6 janvier 2021 ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- la décision en litige méconnaît le principe de non rétroactivité des actes et d'intangibilité des droits acquis ;
- cette décision est entachée d'erreurs de droit dès lors d'une part que la prise en charge de M. D A en accueil de jour n'implique aucune participation de l'intéressé aux frais de la structure, et d'autre part que le département des Hautes-Alpes ne pouvait se fonder sur les dispositions des articles L. 174-4 et L. 322-3 du code de la sécurité sociale, inapplicables en l'espèce ; le règlement départemental d'aide sociale tel qu'adopté par la commission permanente du conseil départemental le 29 septembre 2020 est lui-même entaché d'une erreur de droit ;
- la décision en litige résulte d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juillet 2021, le département des Hautes-Alpes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le règlement départemental d'aide sociale des Hautes-Alpes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Niquet,
- et les conclusions de Mme Beyrend, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C et B A, en leur qualité de co-tuteurs de M. D A, leur fils né en 1975, doivent être regardés comme demandant l'annulation de la décision du 21 avril 2021, qui s'est substituée à la décision initiale du 6 janvier 2021 et par laquelle le président du conseil départemental des Hautes-Alpes a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire et a confirmé l'admission à l'aide sociale de M. D A pour son hébergement en accueil de jour, avec une participation journalière de l'intéressé à hauteur de 13 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision du 6 janvier 2021, et de l'insuffisance de motivation de cette décision, doivent, en tout état de cause, être écartés.
4. Aux termes de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles : " I.- Sont des établissements et services sociaux et médico-sociaux, au sens du présent code, les établissements et les services, dotés ou non d'une personnalité morale propre, énumérés ci-après : / () 7° Les établissements et les services, y compris les foyers d'accueil médicalisé, qui accueillent des personnes handicapées, quel que soit leur degré de handicap ou leur âge, () qui leur apportent à domicile une assistance dans les actes quotidiens de la vie, des prestations de soins ou une aide à l'insertion sociale ou bien qui leur assurent un accompagnement médico-social en milieu ouvert ; () / Les établissements et services sociaux et médico-sociaux délivrent des prestations à domicile, en milieu de vie ordinaire, en accueil familial ou dans une structure de prise en charge. Ils assurent l'accueil à titre permanent, temporaire ou selon un mode séquentiel, à temps complet ou partiel, avec ou sans hébergement, en internat, semi-internat ou externat () ". Aux termes de l'article L. 344-5 du même code : " Les frais d'hébergement et d'entretien des personnes handicapées accueillies, quel que soit leur âge, dans les établissements mentionnés () au 7° du I de l'article L. 312-1, () sont à la charge : 1° A titre principal, de l'intéressé lui-même sans toutefois que la contribution qui lui est réclamée puisse faire descendre ses ressources au-dessous d'un minimum fixé par décret et par référence à l'allocation aux handicapés adultes () ; 2° Et, pour le surplus éventuel, de l'aide sociale () ". Aux termes de l'article R. 314-105 de ce même code : " Les dépenses liées à l'activité sociale et médico-sociale des établissements et services régis par le présent chapitre sont () prises en charge : / () VIII.- Pour les établissements et services mentionnés au 7° de l'article L. 312-1 : / () 5° Pour les autres établissements et services, par le département sous la forme d'un prix de journée établi et versé conformément aux dispositions du sous-paragraphe 3 du paragraphe 2 de la sous-section 3 de la présente section () ". Et aux termes de l'article 33.21 du règlement départemental d'aide sociale dans sa version applicable au litige : " L'accueil de jour est une modalité d'accueil qui permet de recevoir une personne handicapée dans un environnement médico-social conforme à ses besoins, afin de bénéficier de l'intervention de professionnels du handicap. Il fait alors l'objet d'une orientation de la CDAPH. / Une participation des Personnes Handicapées bénéficiaires d'une prise en charge au titre de l'aide sociale correspondant à 2/3 du montant journalier du forfait hospitalier est demandée, montant arrondi à l'euro inférieur soit 13 € au 1er janvier 2020 ".
5. Si M. et Mme A soutiennent que la décision de fixer à 13 euros par jour le montant de la participation de leur fils à son accueil de jour méconnaît le principe de non-rétroactivité des actes administratifs et d'intangibilité des droits acquis, il résulte de l'instruction que par délibération du 29 septembre 2020, la commission permanente du conseil départemental des Hautes-Alpes a fixé, à compter du 1er janvier 2021 et pour cette modalité d'accueil, une participation de la personne accueillie à hauteur de ce montant. Par ailleurs, la décision du 29 mars 2017 avait pour seul objet d'admettre l'intéressé à l'aide sociale pour la période du 1er mai 2017 au 30 avril 2022, sans fixer le montant de sa participation, qui était alors d'ailleurs fixée par une décision distincte. Par suite, en fixant à compter du 1er janvier 2021 le montant de la participation de M. A à 13 euros par jour, le président du conseil départemental des Hautes-Alpes n'a méconnu ni le principe de non rétroactivité des actes administratifs ni celui de l'intangibilité des droits acquis.
6. A l'appui de leur contestation, M. et Mme A soutiennent que la situation de leur fils, en qualité de personne handicapée reçue en accueil de jour plus de quatre-vingt-dix jours par an, n'est pas prévue par les dispositions législatives et réglementaires tant du code de l'action sociale et des familles que du code de la sécurité sociale, et que le président du conseil départemental des Hautes-Alpes ne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, se fonder sur les dispositions des articles L. 174-4 et L. 322-3 du code de la sécurité sociale, qui prévoient le principe d'une participation forfaitaire à l'accueil hospitalier, pour fixer sa participation aux frais de son accueil de jour. Il résulte toutefois de l'instruction que M. A est accueilli 217 jours par an, sous la forme d'un accueil de jour selon un mode séquentiel, au sein du service d'activité et d'accompagnement de jour (SAAJ) Les Ecrins à Gap, accueil pour lequel il bénéficie d'une aide sociale départementale. Par ailleurs, il résulte des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles que les dépenses liées aux services d'activité et d'accompagnement de jour, qui relèvent du 7° de l'article L. 312-1 de ce code, incombent à titre principal à l'intéressé, dès lors que cette contribution n'a pas pour effet de faire descendre ses ressources en dessous d'un seuil minimal dont il n'est, en l'espèce, ni soutenu ni même allégué que ce seuil serait atteint. Dans ces conditions, en fixant à 13 euros le montant de la participation de M. A son accueil de jour, conformément aux dispositions modifiées du règlement départemental d'aide sociale qui n'est ainsi pas illégal sur ce point, le président du conseil départemental des Hautes-Alpes n'a pas méconnu les dispositions du code de l'action sociale et des familles. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit doivent être écartés.
7. Pour les mêmes motifs, et alors que l'accueil de jour pour 217 jours par an ne peut pas être considéré comme n'intégrant aucune des catégories prévues par le code de l'action sociale et des familles, le président du conseil départemental des Hautes-Alpes n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision qu'ils contestent.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions des requérants tendant à leur application et dirigées contre le département des Hautes-Alpes, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et B A pour M. D A et au département des Hautes-Alpes.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistés de Mme Serbellone, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
signé
A. Niquet
Le président,
signé
J-M. Laso
La greffière,
signé
A. Serbellone
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302927
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B... A... visant à engager la responsabilité de la commune d'Aubagne, de GRDF et de la société SOBECA suite à un accident de motocyclette. Le tribunal a jugé la requête irrecevable à l'encontre de la commune et de SOBECA pour défaut de demande indemnitaire préalable obligatoire, et a estimé que les conditions de la responsabilité de GRDF, en tant que maître d'ouvrage, n'étaient pas établies. La décision s'appuie sur les règles de procédure administrative contentieuse, notamment l'exigence d'une demande préalable.
07/04/2026
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**Sujet principal** : Recours en annulation contre un arrêté préfectoral refusant une autorisation de défrichement pour un projet de lotissement. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (5ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société Urban Foncier et confirme le refus de défrichement. Il écarte les moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire et l'irrégularité de la procédure, et estime que le préfet a légalement justifié son refus au regard des risques d'incendie. **Textes appliqués** : Les articles L. 341-1, L. 341-3 et L. 341-5 (notamment son 9°) du code forestier, relatifs à la définition du défrichement, son autorisation préalable et les motifs de refus pour la protection contre les risques naturels comme les incendies.
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