jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108199 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SCP CHARREL ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 septembre 2021 et le 20 août 2022, Mme C B, représentée par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 juillet 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, pour le compte de la présidente du conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence, a refusé de lui verser une aide au titre du fonds de solidarité pour le logement ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de lui accorder l'aide sollicitée au titre du fonds de solidarité pour le logement " accès " ;
3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée et résulte d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- la décision en litige méconnaît l'article 6 de la loi du 31 mai 1990 et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 février 2022, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Gaspar, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 26 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 ;
- le décret n° 2005-212 du 2 mars 2005 ;
- le règlement intérieur métropolitain du fonds de solidarité pour le logement ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Meunier pour Mme B, également présente à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Locataire d'un appartement sis rue de la République à Marseille, Mme B a sollicité le bénéfice d'une aide au titre du fonds de solidarité pour le logement, dans le cadre du dispositif d'accès à ce logement. Mme B demande l'annulation de la décision du 19 juillet 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, pour le compte de la présidente du conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence, a refusé de faire droit à sa demande, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision est inopérant.
3. Il ne résulte pas de l'instruction que la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, pour le compte de la métropole Aix-Marseille-Provence, aurait négligé de procéder à un examen particulier de la situation de Mme B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen et de l'erreur de droit qui s'en déduit doit être écarté.
4. Aux termes de l'article 6 de la loi du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement : " Il est créé dans chaque département un fonds de solidarité pour le logement. / Le fonds de solidarité accorde, dans les conditions définies par son règlement intérieur, des aides financières sous forme de cautionnements, prêts ou avances remboursables, garanties ou subventions à des personnes remplissant les conditions de l'article 1er et qui entrent dans un logement locatif ou qui, étant locataires, sous-locataires ou résidents de logements-foyers, se trouvent dans l'impossibilité d'assumer leurs obligations relatives au paiement du loyer, des charges et des frais d'assurance locative, ou qui, occupant régulièrement leur logement, se trouvent dans l'impossibilité d'assumer leurs obligations relatives au paiement des fournitures d'eau, d'énergie et de services téléphoniques () ". Aux termes de l'article 6-1 de cette loi : " Le règlement intérieur du fonds de solidarité pour le logement définit les conditions d'octroi des aides () Les conditions d'octroi des aides du fonds de solidarité ne peuvent reposer sur d'autres éléments que le niveau de patrimoine ou de ressources des personnes et l'importance et la nature des difficultés qu'elles rencontrent. Le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article 8 détermine la nature des ressources prises en compte () ". Aux termes de l'article 5 du décret du 2 mars 2005 relatif aux fonds de solidarité pour le logement : " Les ressources prises en compte par le règlement intérieur du fonds et les règlements intérieurs des fonds locaux pour fixer les conditions d'attribution des aides comprennent l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, à l'exception de l'aide personnelle au logement, de l'allocation de logement, de l'allocation de rentrée scolaire, de l'allocation d'éducation spéciale et de ses compléments et des aides, allocations et prestations à caractère gracieux ". En vertu de l'annexe 2 du règlement intérieur métropolitain pour le fonds de solidarité pour le logement, le quotient familial est limité à 550 euros pour bénéficier du fonds de solidarité pour le logement " accès ". Et en vertu de cette même annexe, d'une part, le quotient familial correspond au montant des ressources mensuelles divisé par le nombre de parts, et d'autre part, une personne seule sans enfant bénéficie d'une part et demie.
5. A l'appui de sa contestation, Mme B fait valoir qu'ainsi que le mentionne l'attestation de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône du 8 septembre 2021, son quotient familial pour le mois d'août 2021 s'élève au montant de 348 euros, inférieur au quotient familial plafond de 550 euros fixé par le règlement intérieur du fonds de solidarité pour le logement. Il résulte toutefois de ce qui a été dit ci-dessus que le montant du quotient familial pour le calcul du fonds de solidarité pour le logement résulte du règlement intérieur adopté par la métropole Aix-Marseille-Provence pour l'attribution de cette aide, et est calculé en prenant en considération l'intégralité des ressources de l'intéressée. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que Mme B perçoit mensuellement 862,58 euros de pension de retraite et 40 euros de pension complémentaire de retraite, ce qui porte ses ressources au montant mensuel de 902,58 euros, pour un quotient familial de 601,72 euros pour une personne seule sans enfant. Par suite, le quotient familial de Mme B, qui ne conteste pas que son fils majeur n'est plus à sa charge, était supérieur au montant plafond de 550 euros, et la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée de la métropole Aix-Marseille-Provence méconnaîtrait l'article 6 de la loi du 31 mai 1990. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision qu'elle conteste.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 19 juillet 2021, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la requérante tendant à leur application et dirigées contre la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, qui n'est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2023.
La magistrate désignée,
Signé
A. A
Le greffier,
Signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2410518
Le Tribunal administratif de Marseille a été saisi par la métropole d'Aix-Marseille-Provence d'une contravention de grande voirie à l'encontre de Mme C..., pour avoir mis en vente son autorisation d'occupation privative d'un poste à flot, en violation des articles L. 5335-4 et R. 5337-1 du code des transports et du règlement particulier de police des ports métropolitains. Le tribunal a relaxé Mme C... des fins de la poursuite, estimant que la matérialité de l'infraction n'était pas établie, faute de preuve d'une vente effectivement conclue, la tentative n'étant pas punissable en matière contraventionnelle. La décision s'appuie notamment sur le code général de la propriété des personnes publiques et le code des transports.
06/02/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2402074
Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi par la métropole d'Aix-Marseille-Provence d'une contravention de grande voirie à l'encontre de M. D..., pour avoir occupé sans autorisation un poste à flot dans le port du Frioul avec son navire "Captain Cook". Le tribunal a constaté que l'action publique était prescrite, plus d'un an s'étant écoulé entre deux actes d'instruction, et a donc jugé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur ce point. Sur le fond, il a rappelé que l'occupation sans titre du domaine public constitue une contravention de grande voirie en vertu des articles L. 2122-1 et L. 2132-2 du code général de la propriété des personnes publiques, ainsi que des articles L. 5337-1 et L. 5337-3 du code des transports. La solution retenue est que le tribunal n'a pas prononcé de condamnation pénale en raison de la prescription, mais il a implicitement confirmé la matérialité de l'infraction en application des textes précités.
06/02/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2402080
Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi par la métropole d'Aix-Marseille-Provence d’une contravention de grande voirie à l’encontre de M. D..., propriétaire du navire « Pt’it zef », pour occupation sans autorisation d’un poste à flot dans le port du Frioul. Constatant que les faits, établis par un procès-verbal faisant foi, constituent une infraction aux articles L. 5335-4 et L. 5337-1 du code des transports ainsi qu’au code général de la propriété des personnes publiques, le tribunal a retenu la contravention. En l’absence de preuve contraire ou de force majeure, il a enjoint à M. D... de libérer sans délai le domaine public portuaire.
06/02/2026