mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108738 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | EGLOFF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 7 octobre 2021, le 14 octobre et le 14 novembre 2022, la SARL AKS Prestij, représentée par Me Egloff, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 et 2015, et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er octobre au 30 septembre des années 2013 à 2015, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les charges effectivement comptabilisées par la SARL AKS Prestij sont justifiées dans leur principe et dans leur montant ;
- les crédits inscrits en 2014 et 2015 aux comptes courant d'associé constituent une simple erreur, dès lors que :
- les ventes de véhicules auxquelles ces écritures correspondent auraient dû être retranscrites dans un compte de produit ;
- l'intégralité des sommes a en réalité été versée sur son compte bancaire.
Par des mémoires en défense enregistrés le 13 décembre 2021, le 21 et le 28 novembre 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SARL AKS Prestij ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête à raison de la tardiveté de la réclamation préalable.
La SARL AKS Prestij a présenté des observations le 2 mai 2023, qui ont été communiquées, en réponse à ce moyen d'ordre public.
Par ordonnance du 13 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 2 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- et les conclusions de M. Boidé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société AKS Prestij a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er avril 2013 au 30 septembre 2015. D'une part, l'administration a considéré comme injustifiées dans leur principe et leur montant, les charges déduites pour des montants de 118 910,76 euros au titre de l'exercice clos en 2014 et 55 516,39 euros au titre de l'exercice clos en 2015. En conséquence, le service a réintégré ces montants dans le résultat de la société et a refusé la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée afférente à ces charges. D'autre part, l'administration ayant considéré les crédits inscrits aux comptes courants d'associés comme injustifiés, les a réintégrés dans le résultat de la société. En conséquence, la SARL AKS Prestij a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2014 et 2015 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée lui ont été réclamés pour la période du 1er octobre au 30 septembre des années 2013 à 2015. Elle demande la décharge de ces impositions et des pénalités correspondantes.
2. Aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ". Aux termes de l'article R. 196-3 du même livre : " Dans le cas où un contribuable fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification de la part de l'administration des impôts, il dispose d'un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses propres réclamations ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 169 du même livre : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due ".
3. Il résulte de l'instruction que, d'une part, l'avis de mise en recouvrement du 29 novembre 2018 portant sur les impositions en litige, qui comporte la mention des voies et délais de recours, a été notifié le même jour à la société. Si la SARL AKS Prestij soutient n'avoir jamais reçu cet avis de mise en recouvrement, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations alors que l'accusé réception, qui est signé, révèle que l'avis a été envoyé au 8 rue des Cévennes, à Miramas. A cette adresse ont également été envoyées d'autres pièces de la procédure, y compris la décision d'acception partielle de la réclamation, en date du 18 octobre 2021, ainsi que l'indique l'accusé réception signé le 5 novembre 2021, également produit à l'instance. Par suite, la notification de cet avis de mise en recouvrement a fait courir le délai prévu au a de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, qui expirait le 31 décembre 2020. D'autre part, la proposition de rectification du 13 mars 2017 a été notifiée le 14 mars de cette même année. Le délai prévu à l'article R. 196-3 du livre des procédures fiscales expirait donc le 31 décembre 2020. Par suite, la réclamation préalable du 2 avril 2021 était tardive et la requête de la SARL AKS Prestij est irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SARL AKS Prestij doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL AKS Prestij est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL AKS Prestij et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
M. Claudé-Mougel, premier conseiller,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.
La rapporteure,
signé
G. Pouliquen
La présidente,
signé
A. MenasseyreLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
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**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
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