jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2200261 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP FRANCOIS DUFLOT COURT-MENIGOZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 janvier 2022 et 29 septembre 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Mme A B, représentée par Me Barlet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 novembre 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner le département des Bouches-du-Rhône à lui verser la somme de 20 720 euros, à parfaire, ainsi que les intérêts au taux légal capitalisés, en réparation de ses préjudices dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le département a commis une faute en ne lui confiant plus de dossiers entre le 18 et le 31 mars 2021 ;
- il doit réparer les conséquences dommageables résultant de cette faute à hauteur de 9 720 euros au titre de son préjudice financier et à hauteur de 11 000 euros au titre de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2022, le département des Bouches-du-Rhône représenté par Me Duflot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir de la requérante ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Barlet, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée depuis 2013 par le département des Bouches-du-Rhône en tant que médecin vacataire à la direction des personnes âgées et des personnes handicapées pour traiter des demandes de versement d'allocation personnalisée d'autonomie, par plusieurs arrêtés annuels successifs dont le dernier a été pris le 11 septembre 2020, fixant notamment le montant unitaire de sa rémunération par dossier traité. Dans le contexte de la crise sanitaire liée à l'épidémie de covid 19, Mme B a réalisé ses expertises médicales par téléphone sans se déplacer. Ayant reçu l'instruction de reprendre les visites au domicile des usagers à compter du 8 mars 2021, Mme B a par courrier électronique du 6 mars 2021 informé son supérieur hiérarchique, qu'elle n'était pas en mesure de respecter cette instruction, n'étant pas vaccinée. Elle a ultérieurement été placée en arrêt de maladie du 31 mars au 28 avril 2021. Estimant avoir subi des conséquences dommageables du fait de l'absence de dossiers confiés entre le 18 et le 31 mars 2021, elle a adressé le 13 septembre 2021 à la présidente du conseil départemental une demande indemnitaire préalable qui a été rejetée le 9 novembre 2021. Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision de rejet et la condamnation du département des Bouches-du-Rhône à lui verser la somme de 20 720 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de rejet de la demande indemnitaire préalable :
2. La décision du 9 novembre 2021 portant rejet par le département des Bouches-du-Rhône de la demande indemnitaire préalable adressée par Mme B a pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la requérante qui, en formulant les conclusions précédemment visées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, les conclusions qu'elle présente à fin d'annulation de cette décision du 9 novembre 2021 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la responsabilité :
3. Mme B soutient que le département a commis une faute en ne lui confiant pas de dossiers à traiter sur la période du 18 au 31 mars 2021 en méconnaissance des termes de son arrêté de recrutement. Toutefois, il résulte de l'instruction et notamment des mentions de l'arrêté du 11 septembre 2020, qui s'appliquait à la période considérée, que Mme B a été recrutée en qualité de médecin vacataire à la direction des personnes handicapées et des personnes du bel âge pour une durée d'un an, qu'elle devait traiter sur cette période 1 596 dossiers au maximum de demandes d'allocation personnalisée d'autonomie des usagers du département des Bouches-du-Rhône et qu'elle serait réglée sur la base d'états relatifs au nombre de dossiers transmis mensuellement selon un montant unitaire fixé par dossier à 44 euros bruts. S'il n'est pas contesté que le département ne lui a effectivement pas remis de dossiers à traiter durant la période de deux semaines du 18 au 31 mars 2021 à la suite à son refus le 6 mars 2021 de reprendre les visites à domicile, l'arrêté de recrutement prévoyait en tout état de cause uniquement un nombre maximal de dossiers à traiter pour l'année. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le département aurait méconnu ses engagements entre le 18 et 31 mars 2021 et commis ainsi une faute de nature à engager sa responsabilité, alors au surplus que la requérante, qui se borne à faire état du contexte de crise sanitaire et de son absence de vaccination, ne démontre ni même n'allègue que la décision du département de reprendre les visites à domicile dans le respect du protocole sanitaire validé en comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail départemental serait entachée d'une illégalité fautive pour la période en cause.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, les conclusions de Mme B à fin de condamnation du département des Bouches-du-Rhône à lui verser la somme totale de 20 720 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis, assortie des intérêts au taux légal capitalisés et de la fixation d'une astreinte, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le département au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département des Bouches-du-Rhône sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
.
No 2200261
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026