mercredi 12 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2203693 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BURAVAN DESMETTRE GIGUET FAUPIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 2 mai, 6 septembre et 21 octobre 2022, Mme B A, représentée par Me Faupin, demande au tribunal :
1°) de condamner la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette au paiement de la somme de 31 741 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait du rapport de conformité établi par le service public de l'assainissement non collectif le 20 janvier 2017 ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente pour connaitre du litige ;
- la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette a commis une faute en délivrant un rapport de contrôle et de conformité erroné ;
- elle a subi plusieurs préjudices qui doivent être réparés à hauteur de 21 741 euros en réparation de son préjudice financier, 5 000 euros en réparation de son préjudice moral et 5 000 euros en réparation de son préjudice de jouissance.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 19 juillet et 6 octobre 2022, la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître du litige,
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 3 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- les observations de Me Hamel représentant Mme A ;
- et celles de Me Petit, représentant la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire d'un bien immobilier à Arles. Souhaitant vendre cet immeuble non raccordé au réseau public de collecte des eaux usées, elle a dû faire réaliser un contrôle de ses installations d'assainissement non collectif par les services de la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, compétente en matière d'assainissement. Son installation étant défaillante et pouvant présenter des risques sanitaires, Mme A a fait réaliser, en octobre 2016, des travaux d'assainissement par la société Luigi Assainissement consistant en l'installation d'une micro-station d'épuration. Le service public d'assainissement non collectif (SPANC) de la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette lui a délivré à la suite de la visite effectuée le 20 janvier 2017 un rapport de contrôle et de conformité. Au début de l'année 2021, Mme A a fait constater par huissier que le système d'assainissement installé était défectueux. A la suite d'une nouvelle intervention le 20 octobre 2021, le SPANC a établi un rapport de contrôle le 9 novembre 2021 relevant plusieurs dysfonctionnements majeurs et concluant à une non-conformité de l'installation avec obligation de travaux. Considérant que la délivrance d'une attestation de conformité erronée engage la responsabilité de la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, Mme A lui a adressé une demande d'indemnisation préalable le 9 mars 2022 restée sans réponse. Mme A demande au tribunal de condamner la communauté d'agglomération réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis de ce fait.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 2224-11 du code général des collectivités territoriales : " Les services publics d'eau et d'assainissement sont financièrement gérés comme des services à caractère industriel et commercial ". Aux termes de l'article L. 2224-8 du code précité : " I.- Les communes sont compétentes en matière d'assainissement des eaux usées. / II.- Les communes assurent le contrôle des raccordements au réseau public de collecte, la collecte, le transport et l'épuration des eaux usées, ainsi que l'élimination des boues produites. '' / / III- Pour les immeubles non raccordés au réseau public de collecte, la commune assure le contrôle des installations d'assainissement non collectif. Cette mission consiste : () 2° () en une vérification du fonctionnement et de l'entretien. A l'issue du contrôle, la commune établit un document précisant les travaux à réaliser pour éliminer les dangers pour la santé des personnes et les risques avérés de pollution de l'environnement. / Les modalités d'exécution de la mission de contrôle, les critères d'évaluation de la conformité, les critères d'évaluation des dangers pour la santé et des risques de pollution de l'environnement, ainsi que le contenu du document remis au propriétaire à l'issue du contrôle sont définis par un arrêté des ministres chargés de l'intérieur, de la santé, de l'environnement et du logement. ()".
3. Les litiges individuels nés des rapports entre un service public industriel et commercial et ses usagers, qui sont des rapports de droit privé, relèvent de la compétence des juridictions judiciaires. Il n'en va autrement que pour les litiges relatifs à celles de ses activités qui, telles la réglementation, la police ou le contrôle, se rattachent, par leur nature, à des prérogatives de puissance publique.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A a sollicité en 2012, en vue de la vente de son bien immobilier situé à Arles, les services d'assainissement de la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette à qui la commune d'Arles avait transféré sa compétence en matière d'assainissement non collectif. Le SPANC a adressé le 13 novembre 2012 à Mme A son compte rendu duquel il résultait que le système d'assainissement général présentait un risque sanitaire et environnemental élevé. Mme A a alors fait réaliser les travaux de mise en conformité par l'entreprise Luigi Assainissement en octobre 2016 et un rapport de contrôle et de conformité lui a été délivré par le SPANC le 20 janvier 2017. Cette prestation de contrôle et d'évaluation de la conformité, réalisée à la demande d'un usager, constitue un prolongement direct des missions du service public industriel et commercial de l'assainissement, et ne relève pas de prérogatives de puissance publique. Dès lors, le dommage qui résulterait de l'erreur commise par la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette dans l'établissement de ce document doit être regardé comme causé à un usager du service public industriel et commercial. Par suite, il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire de connaître de ce litige.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter comme portées devant une juridiction incompétente les conclusions indemnitaires présentées par Mme A et tendant à la réparation par la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette des préjudices résultant d'une faute qu'aurait commise le SPANC en établissant un document de contrôle et de conformité erroné.
Sur les frais liés à l'instance
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2203693
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
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