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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2204780

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2204780

mardi 11 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2204780
TypeOrdonnance
Avocat requérantSELAFA CABINET CASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juin 2022, Mme B A, représentée par

Me Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 29 septembre 2021 par laquelle le premier président de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence lui a alloué la somme de 100 euros au titre du complément indemnitaire annuel pour l'année 2020, ensemble le rejet implicite de ses recours gracieux et hiérarchique ;

2°) d'enjoindre au ministre de la justice, Garde des Sceaux à titre principal, de lui attribuer en lieu et place la somme de 150 euros au titre de son complément indemnitaire annuel au titre de l'année 2020, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de Justice administrative.

Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 octobre 2023, le ministre de la justice, Garde des Sceaux, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

-la requête est tardive et ainsi irrecevable ;

-les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et de l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 29 septembre 2021, le premier président de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a octroyé à Mme A, adjointe administrative, le montant de 100 euros au titre du complément indemnitaire annuel pour l'année 2020. Elle en demande l'annulation, ensemble le rejet de ses recours gracieux et hiérarchique.

2. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice : " Les () présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Et selon les dispositions de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et de l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés ".

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a adressé le 10 janvier 2022 un recours gracieux à l'encontre de la décision en litige du 29 septembre 2021, qui lui a été notifiée le

6 décembre 2021. Il a été implicitement rejeté et le délai de recours contentieux a ainsi été prorogé jusqu'au 11 janvier 2022. Son recours hiérarchique, introduit le 1er avril 2022, en dehors du délai initial de recours contentieux, n'a pu avoir pour effet de faire à nouveau courir ce délai Dans ces conditions, la requête enregistrée au greffe du tribunal le 10 juin 2022 est tardive et ainsi irrecevable.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue au 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du même code doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de la justice, Garde des Sceaux.

Fait à Marseille, le 11 mars 2025.

Le président,

signé

F. SALVAGE

La République mande et ordonne au ministre de la justice, Garde des Sceaux en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour la greffière en chef,

La greffière,

N°2204780

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