mercredi 19 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2204886 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ANDREANI-HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13 juin 2022, 26 avril et 28 juin 2023, M. B A, représenté par Me Zago, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2022 par lequel le maire de la commune d'Aix-en-Provence a rejeté sa demande de déclaration préalable portant sur la division de la parcelle cadastrée section PH n° 0062 ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Aix-en-Provence de lui délivrer un arrêté de non-opposition à déclaration préalable, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il dispose d'un intérêt à agir ;
- les mémoires de la commune doivent être écartés à défaut d'autorisation donnée au maire par le conseil municipal pour ester en justice ;
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- les motifs opposés tirés de la méconnaissance des articles UR 2 et UR 3 du plan local d'urbanisme (PLU) sont infondés, dès lors que la déclaration ne porte pas sur une construction et la desserte est suffisante.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23, 30 décembre 2022 et 7 juin 2023, la commune d'Aix-en-Provence, représentée par Me Andreani, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne dispose pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Sauret, représentant la commune d'Aix-en-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 avril 2022 par lequel le maire de la commune d'Aix-en-Provence a rejeté une demande de déclaration préalable portant sur la division de la parcelle cadastrée section PH n° 0062 en deux lots, sis 7 traverse des quatre pas, sur la commune d'Aix-en-Provence.
Sur la recevabilité des écritures en défense :
2. Aux termes de l'article L. 2132-1 du code général des collectivités territoriales : " Sous réserve des dispositions du 16° de l'article L. 2122-22 le conseil municipal délibère sur les actions à intenter au nom de la commune ". L'article L. 2132-2 de ce code dispose que : " Le maire, en vertu de la délibération du conseil municipal, représente la commune en justice ". L'article L. 2122-22 du même code dispose que : " Le maire peut () par délégation du conseil municipal, être chargé () pour la durée de son mandat : () 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle () ". Il résulte de ces dispositions que le conseil municipal peut légalement donner au maire une délégation générale pour représenter la commune en justice, en demande comme en défense, pendant la durée de son mandat.
3. La commune d'Aix-en-Provence a produit dans l'instance la délibération de son conseil municipal du 24 septembre 2021 donnant délégation au maire, notamment pour défendre la collectivité dans les actions intentées contre elle. Par suite, le moyen tiré de ce que les écritures de la commune ne seraient pas recevables faute d'avoir été présentées par une personne détenant la qualité pour ce faire doit être écarté.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
4. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire ".
5. Il ressort des pièces du dossier, et contrairement à ce qu'affirme le requérant, que la demande d'autorisation d'urbanisme a été déposée par la SCP " B A Géomètre ", personne morale dont l'objet social est la profession de géomètre. La présente requête a été présentée par M. A, en son nom propre, lequel n'est ni le pétitionnaire, ni le propriétaire de la parcelle en litige, la demande de déclaration préalable portant division mentionnant à cet égard " propriété Aubert " et le cachet de l'entreprise SCP B A, en tant que géomètre expert. Par suite, M. A, qui ne peut se prévaloir du dernier alinéa de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, ne justifie pas d'un intérêt direct et personnel à contester l'acte en litige, et la commune d'Aix-en-Provence est fondée à soutenir que la requête est, pour ce motif, irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aix-en-Provence, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme sollicitée par la commune d'Aix-en-Provence au titre des frais de même nature.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Aix-en-Provence tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune d'Aix-en-Provence.
Délibéré après l'audience du 25 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2025.
La rapporteure,
signé
C. Arniaud
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
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