jeudi 10 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2207236 |
| Type | Décision |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 août 2022 et 28 juin 2024, Mme A C demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la métropole d'Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 23 635, 28 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa chute le 1er novembre 2019, survenue à Marseille ;
2°) de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- l'accident dont elle a été victime, vers minuit, sur une dalle cassée présentant un trou d'une dizaine de centimètres, révèle un défaut d'entretien normal de l'ouvrage public, qui n'était pas signalé ;
- la matérialité du dommage est établie, ainsi que le lien de causalité entre sa chute et le défaut d'entretien ;
- son préjudice patrimonial doit être réparé par le versement d'une indemnité de 871,28 euros ;
- ses préjudices extra-patrimoniaux doivent être réparés par le versement d'une indemnité de 22 764 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mai 2024, la métropole d'Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Gouard-Robert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir à titre principal que sa responsabilité ne peut être engagée, seule la commune de Marseille pouvant voir cette dernière engagée s'agissant d'une voie qui n'est pas reconnue d'intérêt métropolitain, et à titre subsidiaire que les conditions d'engagement de sa responsabilité ne sont pas réunies.
Par des lettres enregistrées le 10 juin 2024, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes informe le tribunal qu'elle n'entend pas intervenir à l'instance, et fixe le montant définitif de ses débours à la somme de 271,28 euros.
La clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 juillet 2024.
Un mémoire, enregistré le 22 juillet 2024 pour la requérante, n'a pas été communiqué.
Vu :
- l'ordonnance n° 2207243 du 23 février 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Marseille, désignant le Dr B ;
- le rapport d'expertise médicale déposé au greffe du tribunal le 9 septembre 2023 ;
- l'ordonnance n° 2207243 du 18 septembre 2023 par laquelle la vice-présidente du tribunal a taxé et liquidé les frais d'expertise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ollivaux,
- et les conclusions de M. Boidé, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C expose avoir été victime, le 1er novembre 2019, d'une chute sur une dalle défectueuse au niveau du n° 29 de la place aux Huiles à Marseille (13001), vers minuit. L'assureur de la métropole d'Aix-Marseille-Provence ayant implicitement rejeté la demande préalable d'indemnisation que lui avait adressée Mme C par courrier du 29 juin 2022, cette dernière engage la responsabilité de cette collectivité et demande sa condamnation à lui verser la somme de 23 635,28 euros en réparation de son préjudice corporel.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers doivent démontrer devant le juge administratif, d'une part, la réalité de leur préjudice et, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage, soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime ou l'existence d'un évènement de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction, notamment des attestations convergentes des témoins des faits en cause, et du certificat médical initial daté du 1er novembre 2019, que Mme C a, à cette date, chuté au n° 29 de la place aux Huiles, devant le restaurant " Marcello ", sur une dalle non plane. Toutefois, il en résulte également, et notamment des photographies produites aux débats, ainsi que d'un plan versé par Mme C, que d'une part, la dénivellation alléguée de la dalle, accessoire de la voie publique en cause, à l'origine de sa chute, n'excédait pas cinq centimètres. D'autre part, la dalle en cause est située sur une voie ouverte à la circulation automobile, alors que l'allée piétonne située à proximité et délimitée par des jardinières était suffisamment large pour que Mme C y circule et évite ainsi l'obstacle. Il n'est en outre pas contesté que le lieu de la chute, certes survenue de nuit, était éclairé par un lampadaire, et situé à une cinquantaine de mètres seulement de son domicile. Dans ces conditions, la présence de cette dalle légèrement descellée sur la voie publique n'excédait pas les obstacles et défectuosités contre lesquels doit se prémunir un piéton normalement attentif, et la requérante doit dès lors être regardée, en tout état de cause, comme ayant commis une faute d'imprudence de nature à exonérer la métropole d'Aix-Marseille-Provence de sa responsabilité. Par suite, Mme C n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de celle-ci.
Sur la déclaration de jugement commun :
4. La caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, mise en cause, a informé le tribunal ne pas intervenir à l'instance. Il y a lieu, dès lors, de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur la charge définitive des dépens :
5. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
6. Les frais de l'expertise judiciaire ont été taxés et liquidés à la somme de 1 200 euros par ordonnance du 18 septembre 2023. En application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre cette somme à la charge définitive de Mme C.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de Mme C tendant à leur application et dirigées contre la métropole d'Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la métropole d'Aix-Marseille-Provence présente au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la métropole d'Aix-Marseille-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.
Article 4 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 200 (mille deux cents) euros, sont mis à la charge définitive de Mme C.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à la métropole d'Aix-Marseille-Provence et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.
Copie en sera adressée, pour information, au Dr B, expert.
Délibéré après l'audience du 13 mars 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2025.
La rapporteure,
signé
J. Ollivaux
La présidente,
signé
M. Lopa Dufrénot
Le greffier,
signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2302927
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B... A... visant à engager la responsabilité de la commune d'Aubagne, de GRDF et de la société SOBECA suite à un accident de motocyclette. Le tribunal a jugé la requête irrecevable à l'encontre de la commune et de SOBECA pour défaut de demande indemnitaire préalable obligatoire, et a estimé que les conditions de la responsabilité de GRDF, en tant que maître d'ouvrage, n'étaient pas établies. La décision s'appuie sur les règles de procédure administrative contentieuse, notamment l'exigence d'une demande préalable.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2303832
Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé la décision du département des Bouches-du-Rhône refusant le versement d'une subvention pour l'achat d'un véhicule électrique à M. C... B... La juridiction a retenu que le refus était insuffisamment motivé, car il ne comportait pas la référence à la base légale ou réglementaire appliquée, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le tribunal a enjoint au département de réexaminer la demande du requérant dans un délai de trois mois.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2308520
**Sujet principal** : Recours en annulation contre un arrêté préfectoral refusant une autorisation de défrichement pour un projet de lotissement. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Marseille (5ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société Urban Foncier et confirme le refus de défrichement. Il écarte les moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire et l'irrégularité de la procédure, et estime que le préfet a légalement justifié son refus au regard des risques d'incendie. **Textes appliqués** : Les articles L. 341-1, L. 341-3 et L. 341-5 (notamment son 9°) du code forestier, relatifs à la définition du défrichement, son autorisation préalable et les motifs de refus pour la protection contre les risques naturels comme les incendies.
07/04/2026