mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2208051 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SK AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2022, M. C B, représenté par la société SK avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juin 2022 de la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône rejetant son recours administratif préalable obligatoire du 24 décembre 2021 contestant les cotisations de taxe foncière auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 à 2021 à raison d'un bien situé à Marseille au 5 rue Meolan et du Père A (13001) ;
2°) d'enjoindre à l'administration fiscale de réévaluer sa situation au regard de cette taxe foncière au titre de ces années 2019 à 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée du 13 juin 2022 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dans la mesure où l'administration fiscale considère à tort que l'immeuble en cause fait l'objet d'un arrêté d'insalubrité, alors qu'il fait l'objet d'un arrêté de péril édicté le 3 juillet 2013.
Par un mémoire enregistré le 24 mars 2023, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
-la requête est irrecevable en ce qui concerne l'imposition de l'année 2019 en application de l'article R.* 196-2 du livre des procédures fiscales ;
-la requête est irrecevable en ce qui concerne l'imposition des années 2020 et 2021.
La clôture de l'instruction a été fixée au 12 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. Aux termes de l'article L. 190 du livre des procédures fiscales : " Les réclamations relatives aux impôts, contributions, droits, taxes, redevances, soultes et pénalités de toute nature, établis ou recouvrés par les agents de l'administration, relèvent de la juridiction contentieuse lorsqu'elles tendent à obtenir soit la réparation d'erreurs commises dans l'assiette ou le calcul des impositions, soit le bénéfice d'un droit résultant d'une disposition législative ou réglementaire () ". Aux termes de l'article R. 199-1 du même livre : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation, que cette notification soit faite avant ou après l'expiration du délai de six mois prévu à l'article R. 198-10. Toutefois, le contribuable qui n'a pas reçu la décision de l'administration dans un délai de six mois mentionné au premier alinéa peut saisir le tribunal dès l'expiration de ce délai. () ". Aux termes de l'article R.* 196-2 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement () ".
3. Et aux termes du I de l'article 1389 du code général des impôts : " Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée ".
4. En premier lieu, le recours par lequel un contribuable conteste devant le juge de l'impôt tout ou partie d'une imposition mise à sa charge relève par nature du contentieux de pleine juridiction et la décision par laquelle l'administration fiscale statue sur la réclamation contentieuse d'un contribuable ne constitue pas un acte détachable de la procédure d'imposition. Elle n'est par suite pas susceptible d'être déférée à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir et peut seulement faire l'objet d'un recours de plein contentieux tendant à la décharge des impositions contestées, présenté au titre de la procédure prévue par les articles L. 199 et R. 199-1 et suivants du livre des procédures fiscales.
5. M. B a contesté le 24 décembre 2021 devant l'administration fiscale les cotisations de taxe foncière auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 à 2021 à raison d'un bien situé à Marseille au 5 rue Meolan et du Père A (13001). Par décision décision du 13 juin 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône a rejeté ce recours administratif préalable obligatoire.
6. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision du 13 juin 2022, au motif qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, et en assortissant ces conclusions aux fins d'annulation de conclusions accessoire aux fins de réexamen par voie d'injonction. Toutefois, il résulte que de ce qui a été dit au point 4 que de telles conclusions en excès de pouvoir sont manifestement irrecevables.
7. En second lieu et en tout état de cause, à supposer que M. B ait entendu demander au tribunal la décharge des cotisations de taxe foncière en litige, il résulte de l'instruction, d'une part et s'agissant de l'année 2019, que M. B a formé sa réclamation le 31 décembre 2021 alors que le délai de réclamation, en application de l'article R.* 196-2 précité du livre des procédures fiscales, expirait le 31 décembre 2020. Il en résulte que les conclusions afférentes à l'année 2019 sont manifestement irrecevables pour forclusion.
8. D'autre part et s'agissant des années 2020 et 2021, M. B, qui se contente de soutenir que l'administration fiscale a regardé à tort l'arrêté municipal du 3 juillet 2013 concernent son bien immobilier comme un arrêté d'insalubrité alors qu'il s'agit d'un arrêté de péril, ne démontre aucunement qu'il entre dans le champ d'application du I de l'article 1389 précité, dès lors qu'il ne justifie, ni de ce que l'appartement en cause était normalement destinée à la location avant l'arrêté de péril, ni de ce qu'il a été dans l'impossibilité de réaliser, sur la période de 8 ans courant de l'année 2013 à l'année 2021, les travaux de mise en sécurité imposés par l'arrêté du 3 juillet 2013. Il suit de là que le moyen de l'erreur manifeste d'appréciation, invoqué à l'appui des conclusions dirigées contre les cotisations des années 2020 et 2021, n'est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée par application des dispositions de l'article R. 222-1 précité, en ce compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie perdante.
ORDONNE :
Article 1er : La requête n° 2208051 de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 29 octobre 2024.
Le président de la 6ème chambre,
Signé
J.B. BROSSIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2301720
01/07/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2517965
01/07/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2209847
01/07/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2302791
01/07/2026