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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2208279

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2208279

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2208279
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS BKB

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi en référé provision par l'EURL I Soluce, qui demandait le versement d'une somme de 88 853 euros au titre d'un reliquat de crédit d'impôt recherche pour 2021, contestant le refus de l'administration fiscale d'appliquer ce crédit à l'amortissement d'un logiciel mis au rebut. La juridiction a constaté que la demande au fond, portant sur le même objet, avait été rejetée par un jugement du 5 décembre 2024. En conséquence, les conclusions provisionnelles ont perdu leur objet, et il n'y a plus lieu d'y statuer. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative n'ont pas été appliquées en faveur de la requérante, l'Etat n'étant pas partie perdante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2022 sous le n° 2208279, l'EURL I Soluce, représentée par Me Sion, demande au juge des référés :

1°) de condamner l'Etat (direction générale des finances publiques des Bouches-du-Rhône) à lui verser, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, une somme provisionnelle de 88 853 euros correspondant au reliquat de crédit d'impôt recherche dû au titre de l'année 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-c'est à tort que l'administration a refusé de lui restituer la part de crédit impôt recherche correspondant à la somme de 88 853 euros au motif qu'un tel crédit d'impôt ne pouvait s'appliquer à l'amortissement exceptionnel du logiciel créé par la société ;

-ce logiciel, qui constitue un outil interne à la société à des fins de recherche, a été mis au rebut ; elle a été contrainte de le mettre au rebut pour un cas de force majeure.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 novembre 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Brossier, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".

2. La société I Soluce demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions précitées, de condamner l'Etat (direction générale des finances publiques des Bouches-du-Rhône) à lui verser une somme provisionnelle de 88 853 euros correspondant au reliquat de crédit d'impôt recherche dû au titre de l'année 2021.

3. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3°) Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () 5°) Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens (). ".

4. Par une requête au fond, enregistrée parallèlement le 29 septembre 2022 sous le n° 2208278, la société I Soluce avait demandé au tribunal de prononcer le remboursement du crédit d'impôt recherche sollicité au titre de l'année 2021, en enjoignant par voie de conséquence à l'Etat (direction générale des finances publiques des Bouches-du-Rhône) de lui rembourser sans délai la somme de 88 853 euros correspondant au reliquat de crédit d'impôt recherche dû au titre de l'année 2021. Par jugement n° 2208278 du 5 décembre 2024, une formation collégiale du tribunal a rejeté cette demande au fond de la société I Soluce. Il en résulte que ses conclusions tendant à ce que lui soit allouée la même somme à titre provisionnel ont perdu leur objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

5. Enfin, les conclusions subséquentes de la requérante présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas partie perdante.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions susvisées de la société I Soluce aux fins de condamner l'Etat (direction générale des finances publiques des Bouches-du-Rhône) à lui verser une somme provisionnelle de 88 853 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2208279 de la société I Soluce est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'entreprise uninominale à responsabilité limitée (EURL) I Soluce et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille le 5 décembre 2024.

Le président de la 6ème chambre,

Signé

J.B. BROSSIER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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