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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2300917

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2300917

mardi 12 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2300917
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSK AVOCAT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté comme irrecevable la requête de M. B contestant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Le juge a constaté que le requérant avait eu connaissance de la décision "48SI" le 21 octobre 2021, mais n'avait saisi le tribunal que le 30 janvier 2023, soit au-delà du délai raisonnable d'un an. En application des articles R. 222-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, la requête a été jugée manifestement tardive.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 janvier et 3 avril 2023,

M. A B, représenté par la société d'avocats SK avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de reconstituer le capital de points du permis de conduire et de lui restituer son permis de conduire, dans un délai, respectivement, d'un mois et de quinze jours, à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

2. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

3. Il ressort de la requête et du mémoire de M. B que, si la décision " 48SI " en litige ne lui a pas été notifiée, celui-ci en a toutefois eu connaissance le 21 octobre 2021, par un courrier par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de valider un stage de sensibilisation à la sécurité routière en raison de la notification de cette décision " 48SI " antérieurement à la réalisation de ce stage. La requête de M. B, enregistrée le 30 janvier 2023, plus d'un an après avoir pris connaissance de l'existence de la décision en litige, sans que le requérant ne se prévale de circonstances particulières, est ainsi manifestement tardive et irrecevable, et doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Le président de la 3ème chambre,

Signé

P-Y. Gonneau

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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