jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2303895 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | SCP LINARES- ROBLOT DE COULANGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 avril 2023, et un mémoire, enregistré le 11 mai 2023, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'une part, d'annuler la contrainte délivrée le 27 mars 2023 par France travail (ex pôle emploi) en vue du recouvrement de la somme de 12 565, 75 euros correspondant à un indu au titre de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) pour la période du 1er avril 2019 au 13 avril 2022 et de le décharger de payer cette somme et d'autre part, de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que :
- la contrainte est infondée dès lors que durant la période litigieuse, il était auto-entrepreneur et ne percevait aucune ressource ;
- sa situation financière fait obstacle à ce qu'il puisse rembourser le montant de la dette.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Fédi en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Le rapport de M. Fédi, président-rapporteur ;
- et les observations de Me Melich, substituant Me Linares, représentant France travail Provence-Alpes-Côte d'Azur.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande d'annuler la contrainte délivrée le 27 mars 2023 par Pôle emploi en vue du recouvrement de la somme de 12 565, 75 euros correspondant à un indu au titre de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) pour la période du 1er avril 2019 au 13 avril 2022 et de le décharger de payer cette somme.
Sur l'opposition à contrainte :
3. Aux termes de l'article L. 5423-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation de solidarité spécifique les travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits à l'allocation d'assurance, qui ne satisfont pas aux conditions pour bénéficier de l'allocation des travailleurs indépendants prévue à l'article L. 5424-25 et qui satisfont à des conditions d'activité antérieure et de ressources. ". Aux termes de l'article R. 5425-2 du code du travail : " La rémunération tirée de l'exercice d'une activité professionnelle peut être cumulée avec le versement de l'allocation temporaire d'attente, ainsi qu'avec celui de l'allocation de solidarité spécifique lorsque le bénéficiaire de cette dernière reprend une activité professionnelle salariée d'une durée inférieure à soixante-dix-huit heures par mois, pendant une durée maximale de douze mois à compter du début de cette activité, dans la limite des droits aux allocations restants. / Tout mois civil au cours duquel une activité même occasionnelle ou réduite a été exercée est pris en compte pour le calcul de cette durée. ". Aux termes de l'article R. 5425-2 de ce code : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend une activité professionnelle salariée ou non salariée, la rémunération tirée de l'exercice de cette activité est intégralement cumulée avec le versement de l'allocation de solidarité spécifique pendant une période de trois mois, consécutifs ou non, dans la limite des droits aux allocations restants ".
3. En l'espèce, la contrainte en litige visant le recouvrement de prestations au titre de l'allocation de solidarité spécifique est fondée sur la circonstance que M. A a perçu l'allocation solidarité spécifique en exerçant une activité professionnelle non salariée durant la période comprise entre le 1er avril 2019 et le 13 avril 2022. Il résulte de l'instruction, et notamment des déclarations produites par le requérant à l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales allant du 1er trimestre de 2019 au 3ème trimestre de 2022, que M. A a exercé la profession d'auto-entrepreneur. Toutefois, cette période excède la période de trois mois où le requérant peut cumuler l'allocation de solidarité spécifique avec la rémunération tirée de son activité professionnelle. En outre, la circonstance, à la supposer même établie, que M. A n'aurait tiré aucun revenu de cette activité non salariée est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, le versement de l'ASS n'étant ni conditionné ni proportionné au montant des revenus tirés de l'activité professionnelle. Par suite, c'est à bon droit que France travail a mis à la charge de l'intéressé l'indu litigieux au titre de la période comprise du 1er avril 2019 au 13 avril 2022.
En ce qui concerne la demande de remise gracieuse :
4. Aux termes de l'article L. 5426-8-3 du code du travail : " Pôle emploi est autorisé à différer ou à abandonner la mise en recouvrement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées pour son propre compte, pour le compte de l'État ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 ". Pour l'application de ces dispositions, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres à la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision.
6. Il résulte de l'instruction, que si M. A soutient que la précarité de sa situation financière fait obstacle à ce qu'il puisse rembourser l'indu d'allocation solidarité spécifique mis à sa charge, il ne produit toutefois aucune pièce au soutien de ses allégations qui ferait obstacle au remboursement de la somme réclamée par France travail Provence-Alpes-Côte d'Azur. Par suite, à supposer même sa bonne foi établie, le moyen tiré de sa précarité n'est manifestement pas assorti des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à France travail
Provence-Alpes-Côte-d'Azur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
G. FédiLe greffier,
Signé
D. Griziot
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
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