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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2303920

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2303920

mardi 9 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2303920
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation6e Ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantSK AVOCAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en formation de magistrat seul, a rejeté la requête de M. A... contestant la décision « 48 SI » du 29 juin 2022 invalidant son permis de conduire pour solde de points nul. Le tribunal a jugé la requête irrecevable car tardive, la décision attaquée étant réputée notifiée le 16 juillet 2022, alors que la requête n'a été enregistrée que le 25 avril 2023, soit au-delà du délai de deux mois prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Par conséquent, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction ont été rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens soulevés par le requérant.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 avril 2023, M. B... A..., ayant pour avocat Me Kulbastian, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision référencée « 48 SI » du 29 juin 2022 par laquelle le ministre de l’intérieur a constaté l’invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul compte tenu des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions au code de la route en date des 18 novembre 2016 (3 points), 20 mars 2018 (4 points), 11 octobre 2018 (3 points), 11 février 2021 (3 points) et 18 décembre 2021 (3 points) ;

2°) d’enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire dans un délai de 15 jours suivant la notification du jugement intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de reconstituer le capital de points de son permis de conduire dans un délai d’un mois suivant la notification du jugement intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A... soutient que :

-sa requête est recevable ;
-il n’a pas reçu l’information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route pour l’ensemble des infractions commises ayant donné lieu aux décisions de retrait de points récapitulées dans la décision « 48 SI » ;
-il n’a pas bénéficié, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 223-6 du code de la route, de l’ajout de quatre points sur son permis de conduire à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière qu’il a accompli les 2 et 3 septembre 2022.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er mars 2024, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.

Le ministre soutient que :

-la requête est irrecevable car tardive ;
-les moyens soulevés par M. A... sont inopérants ou non fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
-le code de la route ;
-le code pénal et le code de procédure pénale ;
-le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Brossier, vice-président, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

En application des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, la rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Brossier.

Considérant ce qui suit :

1. M. A... conteste la décision référencée « 48 SI » du 29 juin 2022 par laquelle le ministre de l’intérieur a constaté l’invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

2. Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (…) ».

3. Il incombe à l’administration, lorsqu’elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d’une action introduite devant une juridiction administrative, d’établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l’intéressé. En cas de retour à l’administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l’adresse de l’intéressé, dès lors du moins qu’il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l’enveloppe, soit, à défaut, d’une attestation du service postal ou d’autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d’instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste.

4. Il résulte de l’instruction, d’une part, que la décision référencée « 48SI » en litige en date du 29 juin 2022 a été adressée à M. A... à sa dernière adresse connue par courrier recommandé n° 2C 155 530 46160 dont l’accusé de réception a été retourné aux services du ministre avec la mention « pli avisé et non réclamé », d’autre part, que le détail de l’acheminement établi par La Poste fait état d’un dépôt d’un avis de passage au domicile de l’intéressé le 16 juillet 2022 avec une mise à disposition en point de retrait à compter du 18 juillet 2022. Dans ces conditions, la décision attaquée, qui mentionne les voies et délais de recours, doit être réputée notifiée dès la date de cette présentation le 16 juillet 2022.

5. Il résulte de ce qui précède que le ministre de l’intérieur est fondé à soutenir que les conclusions aux fins d’annulation de M. A..., enregistrées au greffe le 25 avril 2023, sont tardives et ne peuvent qu’être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d’injonction sous astreinte :

6. L’article L. 911-1 du code de justice administrative dispose que : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution (…) ». Aux termes de l’article L. 911-2 du même code : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé (…) ».

7. Les conclusions aux fins d’annulation de M. A... étant rejetées, ses conclusions susvisées aux fins d’injonction sous astreinte doivent l’être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d’exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

8. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ».

9. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée.



D E C I D E :


Article 1er : La requête présentée par M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2025.




Le magistrat désigné,


signé


J.B. BROSSIER

Le greffier,


signé


P. GIRAUD


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,


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