mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2304431 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | XOUAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 mai 2023, l'association " Comité des Tsiganes de la région PACA " et M. B A, représentés par Me Candon, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de :
- l'arrêté du 5 mai 2023 par lequel la maire des Saintes-Maries-de-la-Mer a transféré le marché forain de la place des Gitans à l'Espace Georges Pompidou et a créé un marché de produits artisanaux à caractère traditionnel sur la place des Gitans, ces deux marchés devant se tenir du 18 au 25 mai 2023 ;
- l'arrêté du 5 mai 2023 par lequel la maire des Saintes-Maries-de-la-Mer a réglementé entre le 13 mai et le 27 mai 2023 la circulation et le stationnement pour le pèlerinage des 24 et 25 mai 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que l'exécution des décisions attaquées porte une atteinte grave et immédiate à leurs intérêts ;
- la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées est également satisfaite, dès lors que :
S'agissant de l'arrêté relatif aux marchés :
- il a été pris par une autorité incompétente, en violation de l'article L. 2224-18 du code général des collectivités territoriales ;
- il ne poursuit pas un objectif de police légal ;
- il repose sur des motifs erronés ;
- il ne répond à aucun intérêt communal ;
- il porte une atteinte illégale et disproportionnée à la liberté du commerce et de l'industrie ;
S'agissant de l'arrêté réglementant la circulation et le stationnement :
- son article 3 est illégal par voie de conséquence de l'illégalité du premier arrêté attaqué relatif aux marchés ;
- si son article 5 prévoit une zone piétonne en centre-ville, ce qui n'est pas contesté, il omet de mentionner que l'accès sera également réservé aux forains du marché, afin qu'ils puissent transporter leurs marchandises, comme dans tout marché extérieur ; c'était bien le cas en mai 2022 où la zone piétonne avait été créée et tout s'était bien passé ; cet article 5 est donc illégal dans cette mesure et par voie de conséquence de l'illégalité du premier arrêté attaqué relatif aux marchés.
Par un mémoire, enregistré le 17 mai 2023, l'association " Comité des Tsiganes de la région PACA " et autre, représentés par Me Candon, déclarent se désister de leur requête en faisant valoir qu'ils ont obtenu satisfaction amiable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2023, la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, représentée par Me Xoual, conclut au non-lieu à statuer ou, subsidiairement, au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'y a plus lieu à statuer, dès lors que par arrêté du 17 mai 2023, tenant compte de l'évolution des circonstances de fait, l'arrêté du 5 mai 2023 portant organisation du marché gitan a été abrogé ;
- la requête est irrecevable en raison du défaut d'intérêt pour agir des requérants à l'encontre des deux arrêtés litigieux ;
- à titre subsidiaire, il n'est fait état d'aucun moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des arrêtés attaqués.
Vu la requête au fond enregistrée sous le n° 2304427.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Jorda-Lecroq, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article R. 222-1 de ce code : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements ; / () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
2. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. S'agissant d'une requête présentée au juge des référés du tribunal administratif, le président du tribunal, ainsi que les magistrats qu'il désigne à cet effet en application de l'article L. 511-2 du même code, peuvent alors, par ordonnance prise sur le fondement des 1° ou 3° de l'article R. 222-1 et sans tenir d'audience, donner acte du désistement ou constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête.
3. Le désistement de l'association " Comité des Tsiganes de la région PACA " et autre étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de l'association " Comité des Tsiganes de la région PACA " et autre.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association " Comité des Tsiganes de la région PACA ", à M. B A et à la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer.
Fait à Marseille, le 30 mai 2023.
La juge des référés,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
3