LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2405470

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2405470

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2405470
TypeDécision
Avocat requérantCAVIGLIOLI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juin 2024, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre les effets de l'arrêté n° DP 013005 24 00055 par lequel le maire d'Aubagne s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la société relative à l'installation d'une antenne de téléphonie sur un terrain cadastré AB0011 situé 20 avenue Antide Boyer à Aubagne ;

2°) d'enjoindre au maire d'Aubagne, à titre principal, de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sus astreinte de 500 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Aubagne la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- l'urgence est constituée compte tenu des effets de la décision en litige qui porte atteinte à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile et à l'intérêt de la société Free Mobile de tenir ses engagements relativement à cette couverture.

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité :

- la décision est entachée d'incompétence ;

- l'antenne est comprise dans une fausse cheminée, la règle de hauteur de l'article UB 5 du règlement du plan local d'urbanisme ne s'applique pas au projet ;

- l'article UB 9)i n'a pas été méconnu dès lors que l'antenne s'intègre dans le paysage environnant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, la commune d'Aubagne, représentée par Me Caviglioli, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 2 400 euros.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;

- les autres moyens ne sont pas fondés.

Elle sollicite une substitution de motif, tirée de ce que le projet aboutira à aggraver la non-conformité du bâtiment aux dispositions du plan local d'urbanisme.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond enregistrée sous le n° 2403613.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gilles Fédi, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 juin 2024 à 14 heures, en présence de M. Griziot, greffier d'audience :

- le rapport de M. Gilles Fédi ;

- les observations de Me Martin, représentant la société requérante, soutient que l'urgence est constituée, et que les motifs d'opposition à déclaration préalable ne sont pas fondés, par ailleurs il soutient que la demande de substitution de motifs n'est pas fondée en ce que les nouveaux motifs ne trouvent pas à s'appliquer ;

- les observations de Me Caviglioli, représentant la commune d'Aubagne, qui soutient que l'urgence n'est pas constituée compte tenu de la localisation du projet en centre-ville, couvert par le réseau, les moyens développés ne sont pas fondés, et sur la substitution de motif, que la société n'a pas justifié de la mutualisation des antennes, aggravant la non-conformité du bâtiment au plan local d'urbanisme.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. La société requérante Free Mobile a déposé une déclaration préalable le

1er février 2024 pour l'installation d'une antenne. Par arrêté du 15 février 2024, dont elle demande la suspension, le maire d'Aubagne s'est opposé à cette déclaration préalable.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

En ce qui concerne la condition d'urgence :

3. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. Eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile et à l'objet même de la décision attaquée qui fait obstacle à la réalisation de travaux destinés au renforcement du réseau, et à la circonstance que la partie de territoire sur laquelle les installations doivent être implantées n'est couverte par les réseaux de la société requérante que de manière imparfaite, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.

Sur l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

5. Pour s'opposer à la déclaration préalable déposée par la Free Mobile, la commune d'Aubagne s'est fondée sur la circonstance d'une part, que le projet méconnait l'article UB 5 du plan local d'urbanisme dès lors que l'installation n'est pas comprise dans un angle de 30° mesuré à partir du haut de l'acrotère et d'autre part, que le projet n'est pas intégré dans l'architecture de l'immeuble existant en méconnaissance de l'article UB9i du règlement du plan local d'urbanisme.

6. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que l'antenne est comprise dans une fausse cheminée, la règle de hauteur de l'article UB 5 du règlement du plan local d'urbanisme ne s'applique pas au projet et de ce que l'article UB9i n'a pas été méconnu dès lors que l'antenne s'intègre dans le paysage environnant, sont, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux sur la décision attaquée.

7. La commune sollicite une substitution de motif tirée de ce que le projet aboutira à aggraver la non-conformité du bâtiment aux dispositions du plan local d'urbanisme. Toutefois, il ne résulte pas, en l'état de l'instruction, que ce nouveau motif serait susceptible de fonder légalement la décision. Par suite, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de procéder à la substitution de motif demandée par la commune.

8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état de l'instruction, aucun autre moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

9. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision contestée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. En l'état de l'instruction, la présente ordonnance implique nécessairement d'enjoindre au maire d'Aubagne de délivrer, à titre provisoire, un certificat de non opposition à déclaration préalable à la société Free Mobile dans le délai de quinze jours à compter de la notification, sans qu'il soit besoin de prononcer une astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

11. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune d'Aubagne le versement à la société requérante de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de ce même article font obstacle à ce que la société soit condamnée sur ce fondement au frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté n° DP 013005 24 00055 par lequel le maire d'Aubagne s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la requête de la société Free Mobile tendant à son annulation.

Article 2 : Il est enjoint au maire d'Aubagne de délivrer, à titre provisoire, un certificat de non-opposition à déclaration préalable à la société Free Mobile dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : La commune de d'Aubagne versera à la société Free Mobile la somme de

1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune d'Aubagne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune d'Aubagne.

Fait à Marseille, le 20 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

G. FÉDI

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

← Retour aux décisions