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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2502532

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2502532

lundi 31 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2502532
TypeDécision
Avocat requérantCOHEN-SOLAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 mars 2025, Mme A B, représentée par Me Cohen-Solal, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution de la décision du 13 janvier 2025 par laquelle la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires de l'institut de formation en soins infirmiers Capelette, rattaché à l'assistance publique - Hôpitaux de Marseille (APHM) a prononcé son exclusion temporaire de l'institut pour une durée de sept mois, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à sa réintégration provisoire ;

3°) de mettre à la charge de l'assistance publique hôpitaux de Marseille une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- la décision du 13 janvier 2025 a pour effet de la placer dans une situation de précarité.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision :

-la décision en litige est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'ont été méconnus les articles 8 et 9 de la convention quinquennale de stage signé avec l'APHM, n'ayant pas été mise à même de se défendre ;

- en outre, l'organisation d'un règlement amiable prévu par l'article 12 de la même convention a été violé ;

- de plus, sa convocation ne mentionne pas les faits reprochés en méconnaissance de l'article 21 de l'arrêté du 21 avril 2007, comporte une erreur de fait et ne l'informe pas de son droit à être assistée lors de la séance devant la section compétente pour le traitement des situations disciplinaire ;

- les articles 24, 25 et 26 de l'arrêté précité ont été méconnus ;

- la décision contestée est entachée d'erreurs de fait et une erreur de droit en ce qu'elle vise des manquements à raison de faits survenus antérieurement et objet de sanction ;

- la section compétente a commis une erreur dans l'appréciation des faits reprochés ;

- la sanction infligée est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2025, l'assistance publique des hôpitaux de Marseille, représenté par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- aucun doute sérieux n'entache la légalité de la décision attaquée

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 4 mars 2025, sous le numéro N° 2502530 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- l'arrêté du 21 avril 2007

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lopa Dufrénot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 25 mars 2025, en présence de Mme Romelli, greffière d'audience, Mme Lopa Dufrénot a lu son rapport et entendu les observations de

- Me Cohen-Solal, représentant Mme B, conclut aux mêmes fins et moyens que ses écritures ; elle précise que Mme B a sollicité le 21 mars 2025, l'aide juridictionnelle ; par ailleurs, elle expose que la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de l'interruption du versement de sa bourse liée à sa qualité d'étudiante et de la possibilité qu'elle a de prendre ses études au regard du calendrier des stages prochains ;

- et de Mme B.

L'APHM n'est pas représentée à l'audience.

La clôture de l'instruction a été différée au 26 mars 2025 à 15 heures.

Considérant ce qui suit :

1. Etudiante en 2ème année au sein de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) Capelette rattaché à l'APHM, qu'elle a intégré au cours de l'année 2021-2022, Mme B ayant fait l'objet, le 13 décembre 2024, d'une mesure de suspension, a été convoquée devant la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires. Mme B demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 13 janvier 2025 par laquelle la section lui a prononcé à son encontre une exclusion temporaire pour une durée de sept mois.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de la requérante qui a sollicité l'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

4. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués par Mme B n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision de la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires du 13 janvier 2025 attaquée. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions de la requête à fin de suspension de cette décision et par voie de conséquence celles à fin d'injonction et au titre des frais d'instance doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à l'assistance Publique Hôpitaux de Marseille et à Me Sabine Cohen-Solal.

Fait à Marseille, le 31 mars 2025.

La juge des référés,

signé

M. Lopa Dufrénot

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

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