jeudi 27 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2503126 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | LE GUEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 et 24 mars 2025, M. B A, représenté par Me A, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 27 février 2025 par lequel le préfet de police des Bouches-du-Rhône a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de sept mois et quinze jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de police des Bouches-du-Rhône de lui restituer son permis de conduire sans délai, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige dès lors que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la durée de la mesure méconnaît les dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2025, le préfet de police des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête en faisant valoir que la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2503123 tendant à l'annulation de la décision en litige.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gonneau, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 26 mars 2025, tenue en présence de Mme Boislard, greffière d'audience, M. Gonneau a lu son rapport et a entendu les observations de Me A pour M. A qui a conclu aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 27 février 2025 le préfet de police des Bouches-du-Rhône a suspendu la validité du permis de conduire de M. A pour une durée de sept mois et quinze jours aux motifs qu'il a été constaté le 26 février 2025 qu'il conduisait son véhicule à la vitesse, retenue par les forces de l'ordre, de 113 km/h sur une voie où la vitesse maximale autorisée est de 70 km/h. M. A demande la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La décision en litige a pour effet d'interdire l'exercice de sa profession de chauffeur routier à M. A, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que la suspension de son exécution serait incompatible avec les exigences de la sécurité routière, au regard du caractère isolé de l'infraction en cause et en l'absence de danger caractérisé par la décision. La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
4. Aux termes de l'article L. 224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1 () prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () 3° Le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué () II.- La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois () ".
5. En l'état de l'instruction le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du II de l'article L. 224-2 précité est propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que l'exécution de l'arrêté du 27 février 2025 par lequel le préfet de police des Bouches-du-Rhône a suspendu la validité du permis de conduire de M. A pour une durée de sept mois et quinze jours doit être suspendue.
7. La présente décision implique, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que le préfet de police des Bouches-du-Rhône restitue provisoirement, dans l'attente du jugement au fond ou d'une nouvelle décision, son permis de conduire à M. A, ce dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il y ait lieu d'ordonner une astreinte.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 27 février 2025 par lequel le préfet de police des Bouches-du-Rhône a suspendu la validité du permis de conduire de M. A pour une durée de sept mois et quinze jours est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police des Bouches-du-Rhône de restituer provisoirement, dans l'attente du jugement au fond ou d'une nouvelle décision, son permis de conduire à M. A, ce dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police des Bouches-du-Rhône.
Le juge des référés,
Signé
P-Y. GONNEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,