LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2504958

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2504958

jeudi 20 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2504958
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGIORDANO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a examiné la requête de Mme A..., ressortissante nigériane, contestant l'arrêté préfectoral du 10 mars 2025 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et prononçant une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a annulé cet arrêté au motif que le préfet des Bouches-du-Rhône n'avait pas saisi la commission du titre de séjour pour avis, en méconnaissance des articles L. 432-13 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la requérante justifiait résider habituellement en France depuis plus de dix ans. Cette irrégularité a entraîné l'annulation de l'ensemble des décisions contestées, y compris l'obligation de quitter le territoire et l'interdiction de retour. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation de Mme A... dans un délai de deux mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail durant ce réexamen.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2025, Mme B... A..., représentée par Me Giordano, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 10 mars 2025, par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d’une durée de deux ans ;

2°) d’enjoindre, à titre principal, au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour d’un an portant la mention « vie privée et familiale » l’autorisant à travailler, dans le délai d’un mois à compter de la date de la décision à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) d’enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder à un nouvel examen de sa situation ;

4°) de lui délivrer, en tout état de cause, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans le délai de dix jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de deux-cent euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil qui s’engage dans ce cas à renoncer à percevoir la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle, ou à défaut d’admission à l’aide juridictionnelle, à lui verser directement en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- méconnait les dispositions de l’article L. 432-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d’un défaut d’examen personnalisé de sa situation ;
- est entachée d’une erreur d’appréciation et d’une violation de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

Les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour pour une durée de deux ans :

- sont illégales par voie d’exception d’illégalité de la décision portant refus d’admission au séjour ;
- ont été prises par une autorité incompétente ;
- sont insuffisamment motivées ;
- méconnaissent les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaissent les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par Mme A... ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 1er juillet 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 16 octobre 2025.

Par décision du bureau d’aide juridictionnelle du 4 juillet 2025, Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Fedi, président-rapporteur,
- et les observations de Me Giordano, représentant Mme A....

Le préfet des Bouches-du-Rhône n’était ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A..., ressortissante nigériane, née le 23 mai 1971, déclare être entrée en France le 21 septembre 2013 sous couvert d’un visa long-séjour « étudiant », avoir bénéficié de titres de séjour jusqu’au 31 décembre 2020 et s’être maintenue de façon continuelle sur le territoire depuis. Le 18 décembre 2023, elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 10 mars 2025, notifié le 18 mars 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour d’une durée de deux ans. Mme A... demande au tribunal l’annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l’article L. 432-13 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l’autorité administrative : / (…) 4° Dans le cas prévu à l’article L. 435-1. ». L’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose que « (…) Lorsqu’elle envisage de refuser la demande d’admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l’autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l’article L. 432-14. / Les modalités d’application du présent article sont définies par décret en Conseil d’Etat. ».

3. Il est constant que Mme A... est entrée sur le territoire français le 21 septembre 2013 sous couvert d’un visa-long séjour « étudiant », et qu’elle a bénéficié de titre de séjour pour ce motif jusqu’au 31 décembre 2020. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu’elle a suivi un parcours académique régulier jusqu’en 2021. Pour les années 2020 à 2024, la requérante justifie, par la production de nombreuses preuves probantes, notamment des relevés bancaires, des attestations de travail et des bulletins de salaire, des quittances de loyer, des attestations de suivi par des psychologues, et divers documents administratifs, de sa présence effective sur le territoire. Elle justifie donc avoir résidé de manière habituelle en France entre 2013 et 2024. Dès lors, les dispositions citées au point précédent faisaient obligation au préfet de soumettre la demande d’admission exceptionnelle au séjour de Mme A..., pour avis, à la commission du titre de séjour. A défaut d’une telle consultation, la décision portant refus de séjour est entachée d’une irrégularité qui a privé la requérante d’une garantie. Le moyen tiré du vice de procédure doit, par suite, être accueilli.

4. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l’admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu’il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention “salariéˮ, “travailleur temporaireˮ ou “vie privée et familialeˮ, sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1 ».

5. Ainsi qu’il l’a été dit au point 3, Mme A... justifie avoir résidé de manière habituelle en France entre 2013 et 2024. Il ressort également des pièces du dossier qu’elle a suivi des études sur le territoire jusqu’en 2020. A ce titre, elle a notamment suivi plusieurs formations dans le domaine de la cuisine et de la pâtisserie, ainsi que dans le domaine de l’art et du design. Elle justifie également de son intégration professionnelle. En effet, entre le 24 octobre 2016 et le 28 juin 2024, elle a bénéficié d’un contrat de travail à durée indéterminée à temps partiel au sein de la société Evanis Provence. Entre le 4 mai 2021 et le 30 août 2024, elle a disposé d’un deuxième contrat de travail à temps partiel, en tant qu’agent de service au sein de la société Arcade Nettoyage. Elle produit à cet effet près de quarante bulletins de salaire sur la période concernée. Mme A... établit également avoir fixé en France le centre de ses intérêts privés dès lors qu’elle y vit depuis plus de douze ans, qu’elle justifie avoir vécu dans un même logement qu’elle a loué entre février 2020 et décembre 2024, et qu’elle participe aux activités d’une association de chorale. Enfin, Mme A... effectue un suivi psychologique depuis 2022 dont l’administration ne remet pas en cause le bien-fondé. Par suite, et dans les conditions très particulières de l’espèce, elle est fondée à soutenir que sa situation constitue un motif d’admission exceptionnelle au séjour au sens des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dispositions sur lesquelles le préfet s’est notamment fondé pour rejeter sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l’erreur manifeste dans l’appréciation de sa situation personnelle doit être accueilli.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l’arrêté du 10 mars 2025, par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A..., l’a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour pour une durée de deux ans, doit être annulé.

Sur les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte :

7. Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ».

8. Eu égard au motif d’annulation retenu, sous réserve d’un changement dans les circonstances de droit ou de fait, il y a lieu d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à Mme A... une carte de séjour temporaire mention « vie privée et familiale », dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Giordano, avocat de Mme A..., au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.


D É C I D E:

Article 1er : L’arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 10 mars 2025 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à Mme A... une carte de séjour temporaire mention « vie privée et familiale », dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Sous réserve que Me Giordano renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, ce dernier lui versera une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A..., à Me Emeline Giordano et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.


Délibéré après l'audience du 6 novembre 2025 octobre 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Fedi, président,
- Mme Le Mestric, première conseillère,
- Mme Fabre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2025.

L’assesseure la plus ancienne,
signé
F. Le Mestric
Le président-rapporteur,

signé


G. Fedi


La greffière,
signé
B. Marquet



La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions