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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2605640

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2605640

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2605640
TypeOrdonnance
RecoursAutorisation

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé-liberté, a rejeté la demande de Mme A... visant à enjoindre au préfet de lui délivrer un document provisoire de séjour avec autorisation de retour. Le juge a estimé que la requérante ne justifiait pas de l'extrême urgence requise par l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour une intervention dans un délai de quarante-huit heures. La décision a été rendue par application de la procédure de rejet prévue à l'article L. 522-3 du même code, faute d'éléments concrets établissant cette urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 avril 2026, Mme B... A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer, sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir, un document provisoire de séjour avec autorisation de retour ou toute mesure permettant de garantir la possibilité de quitter et revenir sur le territoire français.

Elle soutient que :
- l’urgence est caractérisée ; elle se trouve dans une situation de précarité économique et sociale ; elle doit se rendre en Egypte où réside sa mère qui a besoin de sa présence immédiate ; un billet d’avion a été réservé ;
- en raison de la carence de l’administration et des dysfonctionnements du service public numérique, il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de mener une vie privée et familiale normale et à sa liberté d’aller et venir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Carotenuto, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.

2. En distinguant trois procédures respectivement prévues aux articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles est subordonnée l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, l’usage par le juge des référés des pouvoirs qu’il tient des dispositions précitées de l’article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu’une extrême urgence rende nécessaire l’intervention dans les quarante-huit heures d’une mesure destinée à la sauvegarde d’une liberté fondamentale. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l’urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l’absence d’éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l’urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l’intervention du juge dans des délais extrêmement brefs. En outre, la circonstance qu’une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée, n’est, par elle-même, pas de nature à caractériser l’existence d’une situation d’urgence justifiant l’intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par cet article.

3. Il résulte de l’instruction que Mme A..., qui était titulaire de cartes de séjour pluriannuelles « vie privée et familiale », dont la dernière était valable jusqu’au 15 décembre 2025, en a sollicité le renouvellement le 20 octobre 2025 mais aucun récépissé ne lui a été délivré. Pour justifier d’une situation d’urgence, si la requérante soutient qu’elle se trouve dans une situation de précarité économique et sociale, qu’elle doit se rendre en Egypte où réside sa mère qui a besoin de sa présence immédiate et qu’un billet d’avion a été réservé, les pièces versées au dossier ne permettent pas de le démontrer. Ainsi, alors au demeurant qu’elle ne justifie pas avoir déposé un dossier complet de demande de titre de séjour, Mme A... n’établit pas une situation d’urgence impliquant qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans un délai de quarante-huit heures.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.








O R D O N N E :







Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 2 avril 2026.


La juge des référés,


Signé


S. CAROTENUTO


La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier



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