vendredi 20 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2101808 |
| Type | Décision |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCHLOSSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 août 2021, M. A G doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la délibération MA-DEL-2021-054 du 12 juillet 2021 ayant pour objet le " sous-traité d'exploitation de plage pour une activité de location de cabines de plage et de matériels de confort " (lot n° 2) et la délibération du 12 juillet 2021 MA-DEL-2021-057 ayant pour objet " le sous-traité d'exploitation de plage pour une activité de bar-restauration légère sur terrasse " (lot n° 4), par lesquelles le conseil municipal de la commune de Blonville-sur-Mer approuve le recours à une délégation de service public pour l'attribution de chaque sous-traité d'exploitation, les caractéristiques des prestations qui devront être assurées par le délégataire telles que définies dans le rapport de présentation annexé à chaque délibération, et autorisent le maire à mettre en œuvre la procédure de consultation et signer tous les documents relatifs à chaque dossier.
Il soutient que :
- la délibération du conseil municipal de Blonville-sur-Mer a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière, faute de respect du délai minimum légal de trois jours francs pour la transmission de l'ordre du jour et des informations nécessaires aux membres du conseil municipal ;
- la décision de réorganiser la plage porte atteinte au principe d'égalité entre les usagers de cabines de plage situées sur le domaine public maritime dès lors qu'elle ne permettra plus la location d'emplacements de cabines de plage aux particuliers propriétaires de cabines privées.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 octobre 2021 et le 5 mai 2022, la commune de Blonville-sur-Mer, représentée par Me Schlosser, conclut :
- à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête de M. G faute de conclusions précises ;
- à titre subsidiaire, à un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération du conseil municipal de la commune de Blonville-sur-Mer du 12 juillet 2021 ayant pour objet " le sous-traité d'exploitation de plage pour une activité de bar-restauration légère sur terrasse " (lot n° 4), dès lors que la délibération du 29 septembre 2021 a décidé l'abandon du projet de sous-concession sur ce lot ;
- à titre subsidiaire, au rejet des conclusions au motif que les moyens ne sont pas fondés ;
- à ce que soit mise à la charge de M. G la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 21 janvier 2022, M. G déclare se désister purement et simplement des conclusions tendant à l'annulation de la délibération du conseil municipal de la commune de Blonville-sur-Mer du 12 juillet 2021 MA-DEL-2021-057 ayant pour objet " le sous-traité d'exploitation de plage pour une activité de bar-restauration légère sur terrasse " (lot n° 4), et maintenir le surplus de ses conclusions.
Par des mémoires enregistrés le 27 avril 2022, le 28 avril 2022, le 7 juin 2022 et le 13 juillet 2022, M. G maintient le surplus de ses conclusions.
Par un mémoire enregistré le 20 août 2021, Mme AG AH conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 26 août 2021, Mme AT N conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par des mémoires enregistrés le 26 août 2021, le 31 janvier 2022, le 21 avril 2022 et le 5 août 2022, Mme Y D conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 27 août 2021, M. H et Mme AO B concluent à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par des mémoires enregistrés le 30 août 2021 et le 1er février 2022, M. R et Mme AP AE concluent à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 30 août 2021, Mme AU T conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 30 août 2021, M. C S conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 30 août 2021, Mesdames AB et Hélène Langlois conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par des mémoires enregistrés le 1er septembre 2021 et le 3 février 2022, M. F Q conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 1er septembre 2021, M. W et Mme AG J concluent à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 6 septembre 2021, Mme AN U conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 6 septembre 2021, Mme AK Z conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 6 septembre 2021, Mme AB AV AS conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 7 septembre 2021, Mme X AF conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par un mémoire enregistré le 8 septembre 2021, Mme AQ AD conclut à l'annulation de la délibération pour les mêmes motifs que ceux exposés par le requérant.
Par ordonnance du 10 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 10 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Groch,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- les observations de Mme D, recueillies en application de l'article R. 732-1 du code de justice administrative ;
- les observations de Me Schlosser, représentant la commune de Blonville-sur-Mer.
Le requérant n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Blonville-sur-Mer, à la suite d'une délibération du 9 mars 2021 sollicitant le renouvellement de la concession de la plage naturelle auprès des services de l'Etat, a décidé de lancer une consultation pour l'exploitation de la plage à venir, les sous-traités d'exploitation arrivant à échéance le 31 décembre 2021. Par deux délibérations du 12 juillet 2021 dont il est demandé l'annulation, le conseil municipal a approuvé le recours à des délégations de service public pour l'attribution d'un sous-traité d'exploitation de plage relatif à une activité de location de cabines de plage et de matériels de confort et concernant l'attribution d'un sous-traité d'exploitation pour une activité de bar-restauration légère sur terrasse, ainsi que les caractéristiques des prestations qui devront être assurées par chaque délégataire.
2. Par son mémoire enregistré le 21 janvier 2022, M. G se désiste des conclusions tendant à l'annulation de la délibération du conseil municipal de la commune de Blonville-sur-Mer du 12 juillet 2021 ayant pour objet " le sous-traité d'exploitation de plage pour une activité de bar-restauration légère sur terrasse " (lot n° 4). Ce désistement partiel de M. G est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la fin de non-recevoir :
3. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la requête de M. G comporte des conclusions aux fins d'annulation de la délibération du 12 juillet 2021 ayant pour objet le " sous-traité d'exploitation de plage pour une activité de location de cabines de plage et de matériels de confort " ainsi que les moyens qui en sont le soutien. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir invoquée par la commune de Blonville-sur-Mer doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 1411-4 du code général des collectivités territoriales : " Les assemblées délibérantes des collectivités territoriales, de leurs groupements et de leurs établissements publics se prononcent sur le principe de toute délégation de service public local après avoir recueilli l'avis de la commission consultative des services publics locaux prévue à l'article L. 1413-1. Elles statuent au vu d'un rapport présentant le document contenant les caractéristiques des prestations que doit assurer le délégataire. ". A l'appui d'un recours contre la délibération de l'assemblée délibérante d'une collectivité territoriale, d'un groupement de collectivités ou d'un établissement public local sur le principe d'une délégation de service public local, prise sur le fondement de l'article L. 1411-4 du code général des collectivités territoriales, peuvent utilement être invoqués des moyens relatifs aux vices propres dont cette décision serait entachée ou à la légalité du principe du recours à un délégataire pour la gestion du service. Sont en revanche inopérants des moyens relatifs aux caractéristiques et aux modalités de mise en œuvre ultérieure de la délégation ou des prestations que cette délibération n'a pas pour objet d'arrêter définitivement.
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse " ". Aux termes de l'article L. 2121-11 du même code : " Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion () ".
7. Il est constant que la commune de Blonville-sur-Mer comporte moins de 3 500 habitants. Il ressort des pièces du dossier que les membres du conseil municipal ont été convoqués par un courriel le 6 juillet 2021 comportant l'ordre du jour, lequel a été affiché en mairie le même jour, à la séance du conseil municipal du 12 juillet 2021 à l'occasion de laquelle a été approuvée la délibération en litige. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 2121-10 et L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales doit donc être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".
9. Ces dispositions, qui ne concernent pas le contenu de la convocation, n'ont ni pour objet ni pour effet d'imposer que celle-ci comporte d'autres informations que celles relatives à l'ordre du jour, ainsi que le prévoit l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales pour les communes de moins de 3 500 habitants, ni qu'elle soit accompagnée d'une copie des documents à approuver.
10. Il ressort des pièces du dossier que les conseillers municipaux ont eu connaissance avant la séance du 12 juillet 2021 des projets de délibération et des rapports de présentation annexés. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les conseillers municipaux n'auraient pas été mis à même d'exercer, en tant que de besoin, leur droit à l'information en prenant connaissance du dossier avant la réunion ou en demandant des précisions en séance, afin d'être à même de délibérer en toute connaissance de cause et d'exercer efficacement leur mandat. Le moyen tiré du défaut d'information des conseillers municipaux ne peut, dès lors, qu'être écarté.
11. En dernier lieu, les requérants soutiennent que la délibération en litige instaure une discrimination au détriment des propriétaires de cabines privées de plage, dès lors que le rapport de présentation annexé au sous-traité d'exploitation prévoit uniquement l'exploitation de cabines de plage en location sur la plage de Blonville-sur-Mer. Or, la circonstance que le rapport précise, en élément de contexte, que la commune ne louera plus d'emplacement pour cabines privées à leurs propriétaires sur le domaine public maritime à compter de la saison 2022, relève des conditions d'utilisation du domaine public qu'il appartient à la collectivité gestionnaire d'apprécier. La délibération attaquée se borne à approuver le principe du recours à une délégation de service public pour l'attribution du nouveau sous-traité d'exploitation de plage pour une activité de location de cabines de plage et de matériels de confort sur un périmètre défini. Le moyen invoqué, qui ne peut se rattacher à un vice propre de la décision attaquée ou à la légalité du principe du recours à un tiers pour une délégation de service public, est inopérant. En tout état de cause, il résulte des principes généraux de la domanialité publique que les titulaires d'autorisation n'ont pas de droit acquis au renouvellement de leur titre. Le moyen doit donc être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la délibération attaquée doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions par lesquelles la commune de Blonville-sur-Mer demande l'application à son bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. G tendant à l'annulation de la délibération du conseil municipal de la commune de Blonville-sur-Mer du 12 juillet 2021 MA-DEL-2021-057 ayant pour objet " le sous-traité d'exploitation de plage pour une activité de bar-restauration légère sur terrasse ".
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. G est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Blonville-sur-Mer sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A G, à Mme AG AH, à Mme AT N, à Mme Y D, à M. H et Mme AO B, à M. R et Mme AP AE, à Mme AU T, à M. C S, à Mesdames AB et Hélène Langlois, à M. F Q, à M. W et Mme AG J, à Mme AN U, à Mme AK Z, à Mme AB AV AS, à Mme X AF, à Mme AR AD, à M. V L, à M. P et Mme E AJ, à Mme M AM, à M. I et Mme AB AI, à M. O et Mme AC AL, à Mme K AA et à la commune de Blonville-sur-Mer.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
N. GROCH
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA02134
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