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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2201469

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2201469

vendredi 22 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2201469
TypeDécision
Avocat requérantBARA CARRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 juin 2022, M. A B, représenté par Me Bara-Carré, demande au juge des référés :

1°) de suspendre la décision du 17 mars 2022 par laquelle le préfet du Calvados a refusé de délivrer une autorisation de travail à la société LC Indory ;

2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de délivrer cette autorisation de travail dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 700 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision en litige fait obstacle à ses efforts d'insertion professionnelle ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que :

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît l'article R. 5221-20 du code du travail ;

- à titre subsidiaire, elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.

Par un mémoire enregistré le 13 juillet 2022, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la décision en litige ne compromet pas l'insertion professionnelle du requérant ;

- il n'y a pas de doute sérieux quant à la légalité de cette décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2201213 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision du préfet du Calvados du 17 mars 2022.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 19 juillet 2021 à 11h30, tenue en présence de Mme Hardy, greffière d'audience, ont été entendus :

- le rapport de Mme C ;

- les observations de Me Bara Carré, représentant M. B, qui :

- a indiqué que l'urgence était caractérisée compte tenu de ce que les possibilités de travailler de M. B dans le cadre de son titre de séjour étudiant ne sont pas équivalentes à celles d'une autorisation de travail et de ce qu'il a été licencié à la suite du refus de cette autorisation ;

- a soutenu que le préfet peut faire usage de son pouvoir discrétionnaire compte tenu des difficultés rencontrées par la société LC Indory pour recruter, qui constituent un frein à son développement ;

- a soutenu que l'emploi au titre duquel l'autorisation a été sollicitée permettra à M. B d'évoluer sur un poste à responsabilités, qu'il implique des compétences en matière de qualité, hygiène, sécurité et environnement, ce qui correspond à son diplôme, et que l'emploi correspond aux compétences qu'il a acquises pendant les neuf mois durant lesquels il a été embauché dans la société ;

- et les observations de M. B, qui a décrit les fonctions exercées sur son poste consistant en une analyse des produits, sa granulation et sa surveillance, et a indiqué que ces fonctions avaient un lien avec ses études d'environnement et de commerce, notamment quant aux questions d'hygiène et en ce qu'il pouvait évoluer sur un poste de chef d'équipe.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. La société LC Indory a demandé, le 3 février 2022, une autorisation de travail pour employer M. A B, ressortissant congolais titulaire d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, en contrat à durée indéterminée sur un poste de pilote d'installation automatisée en industrie alimentaire. Au terme de l'instruction de sa demande par le préfet du Pas-de-Calais, avec lequel le préfet du Calvados a signé une convention de gestion relative à l'instruction des autorisations de travail, le préfet du Calvados a refusé de délivrer cette autorisation le 17 mars 2022.

3. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision, de la méconnaissance de l'article R. 5221-20 du code du travail, du défaut d'examen sérieux de sa situation et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Ainsi, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par M. B ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera transmise au préfet du Calvados.

Fait à Caen, le 22 juillet 2022.

La juge des référés

SIGNÉ

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme

la greffière,

A. Lapersonne

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