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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2201605

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2201605

vendredi 29 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2201605
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS PEQUIGNOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 et 22 juillet 2022, M. B A, représenté par la société d'avocats Péquignot, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 31 mars 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier Jacques Monod de Flers a mis fin à son contrat, sans indemnité, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Jacques Monod une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence résulte de la précarité financière engendrée par la décision contestée ;

- la décision contestée est insuffisamment motivée, le principe général du droit selon lequel un agent public bénéficie des droits de la défense en cas de procédure disciplinaire a été méconnu, les faits qui lui sont reprochés sont matériellement inexacts, en tout état de cause la sanction est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, le centre hospitalier Jacques Monod, représenté par la Selarl Houdart et associés, conclut au rejet de la requête au motif que l'urgence n'est pas établie et qu'aucun des moyens n'est fondé et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant une somme de 3500 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 2 juin 2022 sous le numéro 2201291 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lapersonne, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu les observations de Me Péquignot représentant M. A et celles de Me Depasse, substituant Me Jacquet, représentant le centre hospitalier Jacques Monod.

Une note en délibéré présentée pour M. A a été enregistrée le 28 juillet 2022.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. Par la décision contestée du 31 mars 2022 le directeur du centre hospitalier Jacques Monod a mis fin au contrat conclu le 22 octobre 2021 entre M. B A, recruté en tant que clinicien radiologue à temps plein pour une durée de trois ans, et le centre hospitalier, sans indemnité. La décision, qui vise l'article R. 6152-715 du code de la santé publique, est motivée par la faute grave qu'aurait commise M. A dans l'exercice de ses fonctions.

3. M. A fait valoir que la décision contestée est insuffisamment motivée, que le principe général du droit selon lequel un agent public bénéficie des droits de la défense en cas de procédure disciplinaire a été méconnu, que les faits qui lui sont reprochés sont matériellement inexacts, et qu'en tout état de cause la sanction est disproportionnée.

4. En l'état de l'instruction aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.

6. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de M. A dirigées contre le centre hospitalier Jacques Monod qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A, la somme de 1 500 euros en application desdites dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera au centre hospitalier Jacques Monod, la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au centre hospitalier Jacques Monod.

Fait à Caen, le 29 juillet 2022.

Le juge des référés,

SIGN

H. C

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

la greffière

A. Lapersonne

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